Bloc Party/Interpol (Elysée Montmartre, le 19 novembre 2004)
Publié dans Le goût du bruit le juillet 3, 2008 par laviedesbetes
Interpol n’a pas raté son rendez-vous parisien. Les New-Yorkais, dont on annonçait la venue jusque dans les colonnes de nos quotidiens nationaux, ont proposé une prestation digne de leur statut d’étoiles montantes du rock’n'roll : techniquement très sûrs, ils ont interprété leurs morceaux avec le même enthousiasme que celui qui se dégage de leurs deux premiers opus et de la kyrielle de EP qui jalonnent déjà leur courte carrière. J’ai apprécié et la précision et l’ampleur du jeu de la basse qui s’accordait parfaitement avec la voix profonde et grave du chanteur, conférant aux compositions sobres du groupe, puissance et chaleur. M. fut plus sensible à l’allure élancée et aux style gracieux du guitariste qui n’étaient pas sans rappeler celui de Russell Senior, ex-dandy de Pulp. Le batteur, quant à lui, a fait montre d’un certain courage : au beau milieu d’un morceau, le groupe cessa soudain de jouer ; les musiciens, partagés entre stupeur et désolation, annoncèrent bientôt que leur comparse avait abandonné ses fûts pour aller vomir en coulisse… Après quelques conciliabules, ils décidèrent, tous penauds, que le spectacle allait prendre fin, déclenchant immédiatement les sifflets et la bronca d’un public qui ne l’entendait pas de cette oreille ! J’imagine sans peine quelles eussent été les « suites médiatiques » d’un tel forfait, et ce après seulement une demi-heure de concert… Fort heureusement, notre malade vint rapidement nous annoncer qu’il reprenait sa place. Bien qu’écourtée, Interpol a donc pu poursuivre sans encombre sa très convaincante prestation.
Le groupe doit une partie de son succès foudroyant autant à l’élégance sobre de ses membres qu’aux réminiscences new wave qui émanent de sa musique. La critique invoque à l’appui de cette intéressante thèse de multiples sources d’inspiration ; aucune ne me semble aussi originale et pertinente que celle identifiée par M. à la première écoute de Turn on the bright lights : The Chameleons…
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Notice du jour : ce soir là, Stéphane, M. et moi tombâmes littéralement sous le charme de Bloc Party qui à l’époque ne jouissait pas encore de l’énorme popularité qui allait suivre… Un moment distraits, nous fûmes comme aspirés vers la scène par la vivacité et l’énergie des musiciens anglais. Une affiche de rêve pourrait-on dire, un concert d’anthologie, sans nul doute !
