Tristes têtes

Posté dans pictogrammes le 26 janvier 2012 par laviedesbetes

Tu taquines à ton tour,
T’entêtant à tuer
Le Titan qui t’adore,
Mais te trucide encor
Tel un traître têtu !

Terrible tête-à-tête,
Où ton tort atavique,
Tutoie la tectonique
De tares tutélaires :
« Tais-toi ! » dit la tarte au tourteau !

Tressaillement du tronc,
Tremblement tête-à-queue :
« Turlututu ! » je te chante,
Tiraillant tes tétons,
Tâtant, à tâtons, ta trogne tue.

Photographie : Irina Ionesco

Lesbien raisonnable ?

Posté dans pictogrammes le 26 janvier 2012 par laviedesbetes

Hiératiques madones
Aux seins nus pointillant,
Fardées en courtisanes
D’un harem du grand siècle,
Vos mutiques visages,
Aux lèvres incarnates
Eveillent au sentiment de la… concupiscence !

Sur le divan de soie,
Ou sur le marbre blanc
Vos petits postérieurs
Disent « non ! » aux coureurs
De jupons libertins :
Tandis qu’ils s’abandonnent
Aux rêves turgescents,
Vos langues s’entrelacent, vos doigts s’entortillent !


Photos : Guido Argentini

La contine des cantines (XCIX)

Posté dans contines le 21 janvier 2012 par laviedesbetes

La balourdise des hommes fait pendant à la susceptibilité des femmes.

Se peut-il que l’amour soit autre chose qu’un attrape-nigauds ? Se peut-il qu’il relie sans entraver notre bon sens ni enserrer notre instinct ?

S’approprier le temps, celui des souvenirs tout comme celui qui passe et nous conduit au terme de notre périple : une entreprise qui grandit l’Homme et le convie à accepter l’héritage de ses pères ainsi qu’à peupler la postérité de ses enfants et de ses créations.

Paradoxe suprême : la seule éternité possible s’appuie sur la mémoire des Hommes !

Si Dieu est perfection, il appartient bel et bien à ses créatures de rendre la Justice en son nom.

Si l’espace appartient à l’Ordre, le temps, lui, est dévolu au Chaos.

La croyance profonde d’un peuple en sa supériorité – morale, ethnique, civique, économique, intellectuelle,… – forme le ressort de son déploiement dans l’histoire. Grâce à elle, une culture accède au statut de civilisation et participe au continuum des empires. Sans elle, ceux-ci vacillent pour n’être plus, au terme de leur déclin, que des principautés où s’éteindront les lignées d’Hommes qui les auront portés.

La confrontation permet à l’Homme de surmonter ses peurs et d’accéder à ce qui est non pas donné mais acquis, la dignité.

Nous vivons bel et bien dans une société sécuritaire : ici, le citoyen aspire à n’être comptable de rien, à n’assumer aucunement les conséquence de ses actes, à se ranger derrière la figure tutélaire et protectrice d’une organisation qui mutualise les risques et les pertes, tandis que lui s’applique à privatiser les biens et les gains.

ça va saigner !

Posté dans videodrome le 17 janvier 2012 par laviedesbetes

Le vers à moitié vain (CXXXIX)

Posté dans bouteille à l'encre le 17 janvier 2012 par laviedesbetes

Déguisements

Ma tendre parisienne a parfois la manie,
De jouer, quand on sort, à la fée carabosse
Ou encor de mimer dans son voile Ophélie.
Jetant de-ci de-là son regard de friponne,

Emballant d’un clin d’œil la vendeuse
Affairée, annulant le soupçon des molosses,
Elle attrape en riant la tenue de faucheuse,
Ou la robe-linceul de la morte baronne…

Ma douce ensorceleuse esquisse sous la cape
Un rictus de sorcière, ou gît les bras ballant,
Comme un corps agoni, les lèvres entrouvertes.

Autour d’elle un frisson, bientôt la moue experte
Et son désir lové : femme la dévorant
Revit ses joies d’enfant, se déguiser de sapes !

Chroniques du cirque (CXIV)

Posté dans chroniques le 16 janvier 2012 par laviedesbetes

Les journaux annoncent la perte pour la France de son triple A. Les conséquences de cette décote sur les marchés financiers ne sont guère connues à ce jour, mais il semble certain que demain le pays s’enfoncera davantage encore dans une crise marquée par un ralentissement généralisé de l’activité économique et, probablement une nouvelle augmentation du chômage. Il paraît acquis, de surcroît, que la nécessité d’un désendettement rapide du pays aboutira à un accroissement rapide de la pression fiscale, ainsi qu’un re-dimensionnement, sur un format très contraint, de l’ensemble des services publics et des prestations sociales.

A lui seul, cet épisode confirme le recul d’un pays dont on ne voit pas où il pourra puiser l’énergie nécessaire à son renouveau, d’un pays dont le peuple vieillissant, égoïste en actes, « élevé » aux mamelles de la consommation de masse et des petits plaisirs immédiats, semble totalement abruti par le discours de ses prêtres laïcs, pseudo-philosophes et vrais con-fesseurs de tous bords, qui, à grands coups de repentance et de farces humanitaires, ont encré en lui l’idée de déchéance collective que vient confirmer, en quelque sorte, la rétrogradation financière : médiocre au plan des valeurs, débiteur d’un monde auquel il aurait tout dérobé (à commencer par son innocence native), l’occidental s’avère être, de surcroît, un parfait profiteur du système de redistribution des richesses ! Bientôt, dans un paysage marqué par la récession économique et l’anarchie sociale, tandis que prospèreront l’immigration galopante et un communautarisme de plus en plus agressif, surgiront non plus des thuriféraires, mais de véritables fossoyeurs, des « liquidateurs », contre lesquels nul ne se dressera plus. A court terme, les chefs et les « autorités » dont nous sommes abondamment dotés ne pourront qu’accompagner, quand bien même ils ne conspirent pas de toute leur âme à notre perte, la grande déglingue du pays, conduisant le peuple comme un animal à l’abattoir. Quant aux extrêmes, aux positions radicales qui conduiraient, par voie de conséquence, à fausser le mécanisme d’horlogerie du système humanitaro-capitaliste, nos âmes molles et abouliques ne sauraient s’y résoudre, ce qui indique bien que la « bonne raison » du consommateur, du contribuable, de l’usager ou du client, ces assujettis complets, a bel et bien supplanté la résolution du citoyen libre. Ce qui m’afflige, au delà de toutes les conséquences matérielles de la crise actuelle, c’est cette forme d’effondrement moral auquel nous assistons : le Français – tout autant que ses comparses européens – témoigne d’une lâcheté sans limite doublée d’une incapacité à reconnaître, parmi ceux qui l’entourent, ses amis autant que ses ennemis, ceux avec lesquels il peut encore partager un destin et la foule de ceux qui réfutent, par nature ou par construction, sa raison d’être. Comment espérer, dès lors, que la nation tout entière acceptera d’accomplir les sacrifices nécessaires à son relèvement ? Notre aveuglement est littéralement assourdissant ! Cet aveuglement nous condamne par avance au mutisme et à l’inaction quand ennemis et sbires du système pilleront nos biens les plus précieux, souilleront notre héritage séculaire et sacrifieront sans vergogne nos enfants. Il faut au contraire se résoudre plus que jamais au combat, à l’endurcissement des corps et des esprits, car la reconquête du sol et celle du pouvoir ne se peuvent sans celle de l’estime de soi. Plus que de triples A, nous manquons de fierté et de l’instinct élémentaire de notre supériorité.

Ce qui ne change pas

Posté dans videodrome le 7 janvier 2012 par laviedesbetes

Le Murat vache !

Posté dans perlespépites le 6 janvier 2012 par laviedesbetes

Emprunté à Mlle H. que je remercie pour cette lecture fort intéressante.

“Ça me plaît assez qu’on ne m’aime pas”

(…) Vous dénoncez aussi l’engagement politique des artistes.

” C’est le triomphe de l’hypocrisie. Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d’artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça.”

Bouillons-les tous !

Posté dans pictogrammes le 5 janvier 2012 par laviedesbetes

« A brûle pourpoint ! »
Disait-on au badaud
Avant que de plonger dans la fosse bouillante
Son petit corps tout rose aux chairs si délicates.

Les vapeurs fumerolles étourdissaient l’humain
Jeté comme un homard au bouillon sulfuré,
A peine un cri de ci, une larme de ça,
Et tout se terminait…

Dans l’assiette d’un ogre.

« Miam, miam ! » entendait-on,
Tandis qu’au fond du trou aux bulles glougloutantes,
Se cuisait prestement un autre amuse-gueule
Et qu’à l’orée du bois on guettait le passant.

Il fallait qu’industrie se fît entreprenante
Pour perdre autant de gens au geyser cuissonnant
Où s’affairaient commis et lutins trop farceurs :
« chaud derrière, chaud ! »

Photos : James Neeley

Kim m’a dit…

Posté dans Non classé le 5 janvier 2012 par laviedesbetes

“Le travail politique doit recourir à la persuasion et à l’éducation. Ce travail qui se fait en direction de l’homme tend à faire intervenir sa conscience idéologique. La méthode bureaucratique qui consiste à lancer des ordres et des invectives n’est nullement assez efficace pour amener les hommes à faire preuve d’une ardeur consciente. Seule une méthode faite de persuasion et d’éducation, qui consiste à conseiller et à éclairer, permet d’imprégner les hommes des idées révolutionnaires, de libérer au maximum leur enthousiasme révolutionnaire et leur force créatrice inépuisable et de resserrer encore les liens entre le parti et les masses.”

J’applaudis et je pleure, car c’est de circonstance…

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