Police = Milice / CRS = SS

Posté dans iconographe le 12 mai 2013 par laviedesbetes

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B & B

Posté dans pictogrammes le 12 mai 2013 par laviedesbetes

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La nuit avance
Et nos vies s’amenuisent…
Faut-il encore
Fermer les yeux ?
Faut-il encore
A l’ivresse, ouvrir la voie ?
Le halo noir avale tout,
Les espoirs vains,
Les jours heureux,
La vie légère…
Sait-on encore,
Lorsque le froid
Envahit tout,
Qu’aube nouvelle
Rendra aux morts
Leurs chairs d’antan,
Sait-on que joies naïves
Feront des cœurs d’enfant ?
Quand la noirceur vient,
Quant la mort, vêtue de pénombre,
Enlacera nos âmes
Pour sa moisson triomphale,
Il nous faudra prier
Pour être là encore,
Le jour venu.

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Photographies : Tom Hoops

La contine des cantines (CXIII)

Posté dans contines le 10 mai 2013 par laviedesbetes

Demain, le patriotisme ne sera plus que l’autre nom de l’adoration des droits de l’homme. Demain au natif succédera le titulaire. Demain, le passé commun le cédera au progrès illimité en matière de formation du citoyen et de définition du contenu de son patrimoine.

Au cours d’une vie, accédons-nous, tout au plus, à la liberté de l’agent économique.

Réincarner le droit, renforcer le juge dans son rôle d’arbitre.

La dimension du miracle est le plus souvent absente de nos existences. Celle du hasard pourrait-elle en être le travestissement ?

Il n’est de tolérant que l’être qui se possède lui-même au plus haut point.

L’antisémitisme ou l’autre nom de l’Interdit. Cette peine expiatoire fait de celui qui la frappe un paria de son propre peuple, au sens propre, un aliéné.

Mettre fin à ce qui mine le lien social, à ce qui ruine le peuple, à ce qui atomise la nation… Il est grand temps de faire taire en nous cette petite voix qui nous inspire le repli et l’égoïsme le plus vil, de redresser enfin la tête pour rechercher, autour de soi, son semblable et son frère. Il est grand temps, pour le citoyen, d’exercer des prérogatives qu’il n’aurait jamais dû déléguer, d’assumer l’entière responsabilité d’un destin qui n’est d’autre que le legs, pleinement reçu, des anciennes générations et la nécessaire préservation, pour celles qui montent, d’un horizon. Mettre fin à l’infirmité des droits par leur exercice plein et entier.

L’Homme ne prospère que dans la concorde et le conflit, dans cette dialectique dont la synthèse se nomme la liberté. Célébrons les différences et louons l’art qu’ont les Hommes de s’entendre.

Requiescat in Pace

Posté dans Non classé le 6 mai 2013 par laviedesbetes

Download Festival

Le vers à moitié vain (CXLX)

Posté dans bouteille à l'encre le 15 avril 2013 par laviedesbetes

Laguna traviata

Sestiere San Marco, sous l’averse de cieux
Empruntés à l’automne, aussi gris que du plomb,
L’amour du bel canto se paie plein pot, mon dieu,
Par la chausse trempée, le soulier court-bouillon !

Car c’est ici, au cœur de la cité des Doges,
Que sous un masque long, avons-nous dû jouer
Des marées le retour, sis aux premières loges
De l’avancée des eaux vers l’arche de Noé.

Quand du vaisseau théâtre, ont-ils abandonné
Les coursives de marbre, ont-ils pris, à pieds joints,
La poudre d’escampette, es-tu, inopinée,
La seule à ordonner qu’on n’abandonne point

Les naufragés du raz ! Par ton commandement,
Passerelle est lancée tel un ponton branlant
Sur la Bérézina. Par tes soins si charmants,
Par l’audace d’un bond, vais-je enfin, à pas lent,

Me serrer à bon port, me lover dans tes bras !
Sur les pavés, des flots à rebours du bon sens :
« Acqua alta » dit-on tandis que l’on avance
Au pas de valse, aux airs, dit-on, de l’opéra.

Vaporetto s’en vient et nous lançons des vœux
Pour qu’esquif au canal nous porte sains et saufs
A l’entrée de l’auberge où, prudents, se réchauffent
Des comparses moins fols, des touristes plus vieux…

 

Chroniques du cirque (CXXX)

Posté dans chroniques le 10 avril 2013 par laviedesbetes

La pluie tombait toujours lorsque, en fin d’après, après un parcours sinueux dans les ruelles du sestiere de Dorsoduro, nous avons atteint les grilles de la fondation Guggenheim. Situé au bout d’un patio semé de sculptures, le grand bâtiment de plain-pied dégoulinait littéralement sous de cieux uniformément SAMSUNGgris. A l’entrée, avait-on pris la précaution de nous distribuer un petit sac en plastique pour y ranger le parapluie détrempé. Dans la galerie, une foule de visiteurs, pour beaucoup déjà croisés dans les salles de l’Académie voisine, déambulant en tous sens entre les pièces, dans les couloirs de l’ancien appartement que la célèbre collectionneuse américaine avait aménagé dans les années 50 et aux murs duquel étaient accrochées les toiles des plus grands artistes du 20ème siècle. Quoique insensible, pour l’essentiel, à cette peinture, même si, parfois, ses théories créatrices m’excitent au plus haut point (futurisme, Malevitch, Mondrian,…), j’ai immédiatement été saisi – séduit devrais-je dire – par l’extrême concentration des oeuvres, la grande cohérence des collections qui témoignaient, même aux yeux du béotien que je suis, non seulement du goût et de la culture du mécène, mais aussi des liens particulièrement denses qu’il semblait avoir noué avec cette population légendaire : l’index des peintres, des sculpteurs et plasticiens exposés donne à lui seul le vertige ! Le charme du lieu, enfin, qui offre au visiteur une accessibilité parfaite aux œuvres que l’on peut découvrir, comme à la maison, au coin d’une cheminée ou sur le rebord d’une fenêtre, puis scruter sans vergogne et dans leurs moindres détails, à quelques centimètres.

SAMSUNGPour la plus grande joie de Mauve, plusieurs toiles et dessins de Jean Dubuffet, ainsi qu’une sculpture du maître de l’art brut : témoins de la première période du créateur, deux portraits en forme de grosses crêpes (Châtaine aux hautes Chairs et Portrait du Soldat Lucien Geominne) m’ont laissé particulièrement dubitatif, non point que le traitement de la matière, en couches épaisses, m’eût déplu, mais parce que j’y subodorais quelque infantilisme pseudo-primal, un itinéraire de régression auquel, presque toujours, mon œil résiste de toutes ses forces alors que je constate, de façon étrange, que le surmoi n’a pas, chez moi, le même pouvoir sur l’ouïe. Grâce à elle, j’ai découvert les perspectives ovoïdes et les horizons sans limite d’Yves Tanguy – dont la parenté avec certaines toiles de Dali saute aux yeux – et le cubisme à la manière de Delaunay – selon elle reconnaissable au premier coup d’oeil – auquel elle m’avait initié lors d’un rapide passage au musée d’art moderne de la Ville de Paris. Pour ma part, les élans cauchemardesques – mais néanmoins figuratifs – d’un Max Ernst (The Antipope, La Toilette de la Mariée), ses habiles collages à la mode Dada m’ont paru totalement éclipser l’armada des peintres de la géométrie : monstrueuse évidence du peuplement des âmes par un bestiaire de démons ou de créatures porteuses d’énigmes. A noter, dans un salon, cinq ou six grandes toiles de Jackson Pollock : bien que concentrées sur les années 1946-47, cette série semblait clairement indiquer la maîtrise lente par l’artiste du dripping, car les filets de matière s’y faisait, d’une œuvre à l’autre, à la fois plus denses et plus subtils : on imaginait sans peine, le mouvement de plus en plus précis du poignet, à la façon d’un batteur de jazz.

Dehors, la pénombre s’était rapidement installée : quelques lampadaires jetaient un halo de lumière blafarde sur les grands pavés de la cour ruisselant de pluie tandis qu’un gros néon verdâtre, au message elliptique autant que conceptuel, donnait à la galerie des airs de supérette. Par une porte dérobée située dans un coin de la boutique, nous avons pu pénétrer dans plusieurs grandes salles en enfilade, accessibles également depuis la cafétéria, où était exposées un grand nombre de créations pour l’essentiel italiennes : toiles futuristes de Carrà, figurations de Chirico, un portrait de Modigliani… Plus stimulantes, des œuvres d’artistes contemporains totalement inconnus de nous : toiles « matelassées » d’Enrico Castellani, ou encore, d’étonnantes structures modulaires monochromes en forme d’emboîtages perforés de Paolo Scheggi, plasticien né à Florence et malheureusement décédé en 1971 à l’âge de 31 ans.

Poiscaille

Posté dans pictogrammes le 8 avril 2013 par laviedesbetes

Le bocal horizonherbert-list-goldfish-bowl-santorini-1937
Où tout petit poisson
Voit plus loin qu’un aiglon
Ou tout autre rapace :
Aquatique,  sa race
N’en est pas moins vorace
Et gobe d’un clin œil
Tout le ciel ! For l’écueil
D’une terre, où serait donc le seuil
A l’appétit d’écailles ?
Par l’étrange vitrail
Le fretin fait ripaille !

 

Photo : Herbert List

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