La vie est ce loup efflanqué
Pistant sa proie, longeant la route
Où vont les pas d’un jeune abbé,
Prêchi-prêchant que nul n’écoute
A la moisson, quand vient l’été,
Quand vient l’hiver, chacun redoute
A la façon du vent mauvais.
La bête avance à pas comptés,
Humant l’air sec perlé d’indices,
La cible est proche à la visée
Du quadrupède : étanche au vice
Autant qu’à la vertu, l’abbé
Fait croix, sachant que le calice
Est bu autant que froid… Si fait !
Si fait que l’homme est à genoux
Et l’animal pris à son cou
A la façon d’un collier noir,
Tandis que sa bouche, entonnoir,
Echappe un cri. L’homme est si mort
Que sa frayeur foudroie encore
Un ciel muet, sourd et plombé.
La vie est ce loup solitaire,
Ayant tué, mangé, il erre
A l’affût du chasseur qu’on paye
Et dont l’habit rouge et vermeil
Couvre à moitié un poil de brute !
Le paysan, dans sa cahute,
A l’animal fait un abbé.
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L’écriture est ce jeu auquel on se prend
Quand du beau, du vrai l’on s’éprend
Mais alignée mot à mot
L’idée des choses s’efface…
Quant à la vérité des maux
Qui n’a souffert s’en lasse.