Le vers à moitié vain (XXXIV)
Les versants de Montmartre
Traversés, renversés
Par l’incurable soif des rêveurs…
Le banc vert, sous les feuilles
D’un petit square.
Tintement d’une dive,
Nectar aux arômes lents,
Le craquement du pain
Au parfum de fruits secs
Et de noix.
Le tourbillon des voix,
La volute des rires
Grimpant aux branches
Comme guirlandes de vie,
Belle.
Le monde oublié
Aux sources du plaisir,
Le monde entier
Pour un seul jour en Terre de France.
Pour toute fortune de l’Ici-bas,
L’agencement discret
D’un souvenir :
Mes amis, mon amour,
Et ce vin renversé,
A jamais.