Chroniques du cirque (XXIX)
Vendredi, cérémonie œcuménique dans la petite chapelle de la fondation. Nos paroissiens n’ont pas trop chahuté, participant au culte pour certains, notamment à une mise en scène fort simplifiée de la fameuse parabole des disciples d’Emmaüs. Je surveillais les membres de mon groupe : tous ont été très calmes, même si Fabien s’est assis en tailleur au pied de la tribune… Derrière nous, le directeur - par ailleurs un technocrate accompli - entonnait les cantiques d’une voix de fausset, nous montrant par là-même l’importance que toute la communauté accorde à ces célébrations régulières. Le pasteur, une femme au look baba-cool, semblait connaître chacun des pensionnaires par son prénom, saluant l’un, félicitant l’autre, rappelant à l’ordre, parfois, pour que l’on s’entende un peu sur la marche à suivre. Stéphane a lu un passage de la Bible tandis que Florence a contribué à l’animation des scénettes. Pour ma part, j’aurais refusé toute participation si l’on me l’avait demandé, non par anticléricalisme, mais parce que je crois à l’absolue neutralité des représentants de l’Etat que nous restons, indépendamment des liens que nous pouvons tisser , ici et là, avec l’institution et ses représentants, au demeurant charmants. Par ailleurs, j’ai trop de respect pour la religion et toute expression d’une foi sincère pour moi-même la mimer ou tricher sur mes convictions. Ainsi, me suis-je tu lors du Notre Père, cette prière qu’on ne peut dire mécaniquement, qu’on ne peut envoyer au ciel sans se soucier des conséquences. Enfin, j’espère en avoir fini pour de bon avec le monde judéo-chrétien et sa morale à laquelle je n’entends plus rien.
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Dimanche après-midi, promenade avec les garçons du côté du centre Pompidou, puis dans le Marais jusqu’à la place des Vosges. Le soleil radieux avait draîné aux terrasses des cafés ou sur les rares pelouses, leur habituel lot de promeneurs, levés tard pour la plupart, la conscience encore embrumée par les vapeurs d’alcool pour certains. Beaucoup de jeunes enfants, collés à leurs parents ou vautrés dans d’aérodynamiques nacelles ; des amoureux aussi dont les manières délicates, les attentions multiples et les petits baisers en coin me remplissaient d’aise quand ils faisaient glousser ma progéniture qui se cachait les yeux pour ne pas voir deux paires de lèvres se toucher…
Si Julien ne reconnaissait pas grand chose dans le dédale des rues pourtant maintes fois parcourues, me donnant la main pour ne pas être emporté par le flot des passants, Paul a semblé à l’aise, possédant quelques repères solides entre l’hôtel de Soubise et le musée Carnavalet, principalement des boutiques où Didier et moi avons coutume d’entrer et qui forment désormais les étapes incontournables de tout déplacement dans le quartier. Au retour, tandis que je tentais une version simplifiée de l’histoire du Marais, parlant des règnes de Louis XIII et du Roi-Soleil, de l’engouement puis du désamour pour les rues étroites et sombres de ce quartier aux façades torturées, Paul m’a interrompu pour me dire combien il avait adoré se rouler dans le bac à sable de la place des Vosges, grand dadai de 10 ans au milieu des bambins et de leurs jeux. J’ai hésité une seconde : me confiait-il les joies, bien connues, de la régression ou bien me lançait-il quelque signal discret pour m’indiquer la direction à prendre, cet été ?
avril 28, 2008 à 7:51
Bonjour,
La religion est un sujet difficile car en donnant son opinion on peut heurter la sensibilité ou la croyance des uns et des autres.
J’ essaierai de rester neutre, même si j’ ai envie de dire réellement mon opinion.
Puis…prout, allez je dis tout de même.
Je respecte toute sorte de forme de croyance, tant qu’ elle ne nuit pas à autrui. Mais ce que je ne supporte pas c’ est le bourrage de crâne que peuvent avoir certains religieux (toute forme decroyance confondue) face à leurs ouailles.
Je n’ accepte pas non plus parfois le refus d ‘ aide ou secours de certains catholiques (parfois autre) qu’ il y a eu lors de certaines guerres ou supression ethniques par d ‘ autres…
Se dire qu’ il y a un Dieu ?
Je ne sais pas….il doit y avoir quelque chopse en tout cas.
Personnellement j’ aimerais aussi dire concernant la religion qu’ elle ne devrait pas être “imposée” a la naissance, mais plutôt être laissée en libre arbitre dès que l’ enfant est suffisament mature pour choisir.
Et moi aussi j’ ai participé à différents cultes, sans dire les prières ou autres ou aller communier. J’ étais simlplement là soit par respect ou parce que j’ y accompagnais une personne.
Si je devais “participer” d ‘ une manière ou une autre, je devrais tout d ‘ abord y croire et pas, comme le dit si bien Iskander dans son message, “réciter mécaniquement une prière”.
Donc, depuis des années….je m’ abstiens de cela lors d ‘ une cérémonie.
Mais je pense qu’ on peut avoir une certaine croyance sans pratique….
Iskander >>> si ej suis hors sujet…efface mon message. merci