Archive pour mai, 2008

Namas Pamos / La Ruda Salska (L’Aéronef, le 11 mars 2000)

Posted in Le goût du bruit on 31 mai 2008 by laviedesbetes

Samedi, concert à l’Aéronef de Lille en compagnie de Jennifer, Stephen et M. ayant choisi de rester à la maison. A l’affiche, un groupe français de ska-core (La Ruda Salska) dans la lignée des groupes punks du genre Ludwig von 88 ou La Mano Negra : musique binaire, discours primaire…

Plus intéressante, la première partie assurée par une formation déjantée et originale dont j’ai cru comprendre qu’elle était française, mais qui scandait ses slogans dans une langue aux accents rugueux du Caucase - selon les spécialistes le “Lipomgalien” – et abusait d’instruments aux sonorités barbares : Namas Pamos. Un des musiciens, notamment, attirait particulièrement l’attention : cheveux raides plaqués sur le front, costume pied de poule, barbiche en pointe à la façon des chamanes mongols, il extirpait des sons faux d’instruments baroques et tordus, vraisemblablement inventés de toutes pièces, ponctuant les morceaux de hurlements et de pas de danse aussi hallucinés que maniérés, croisement contre nature entre les Prodigy dancers et des poupées khmères.

Rock’n'roll $ (part 2)

Posted in videodrome on 31 mai 2008 by laviedesbetes

B-52’s – Private Idaho

Le vers à moitié vain (LI)

Posted in bouteille à l'encre on 31 mai 2008 by laviedesbetes

Rue Montmartre

La nuit est douce à Montorgueil
Et le vin coule à flot,
Mesurant la ficelle
Où notre soif trouvera prise.

J’écoule mes regards
Dans tes yeux si profonds
Que j’y noierais mon cœur entier
S’il n’était là, entre tes mains.

Le Tambour est un lieu
Où le temps ne compte pas plus
Que ces voix au rire aérien,
Que ces visages blancs.

Ô ! j’aime cet éclat
Suspendu à tes lèvres,
Le frôlement de tes doigts fins
Sur ma joue inquiète et lasse.

La barbe de sapeur
Du maître de cérémonie,
Et son ventre imposant
Dans la coquille où nous dînons.

Il fait nuit et je sais
Que dans tes draps nous glisserons,
Frôlant nos corps quand ici même
Une joie m’envahit.

Autour de nous se pressent,
Noctambule assemblée,
D’autres amants, d’autres sommeils
Fuyant le brouhaha.

Nous rentrerons bientôt,
J’enserrerai ta taille,
Caressant ton ventre et tes seins,
Vouant mon âme à ton silence.

***************

La Belle et l’Ange.

Attablée sagement, la Belle demoiselle
Interroge les cieux, se mordillant les lèvres :
« Se peut-il qu’un lion, délaissant la gazelle,
Ait la patte vernie, l’appétit d’un lièvre ?
Se peut-il qu’un guerrier plutôt que le combat
Affectionne un habit, ménageant ses abats ?
Se peut-il qu’une idole ignorant la Vestale
Allonge son désir au double génital ?
»

L’Ange avance, indolent : il est beau comme un rêve
A l’abord impossible, une main paravent :
« Que me veux-tu la Belle au regard si fervent ?
A ton ombre je sens la tiédeur et la sève
D’une vie toute neuve à la fraîche parure :
Amie ne sais-tu pas que l’homme a la fêlure
Aussi profonde et nue que ta gorge fatale ?
Ne sais tu pas, l’enfant, que je suis au Tantale ?
»

Le rire est ce silence aux accents délicats,
Semblable aux frôlements, une forme d’en-cas
Qui sauverait l’instant s’il n’était déjà loin…
La Belle a soupiré : ses seins blancs, le pourpoint
De la femme amoureuse, ont doucement sailli.
L’Ange est un fou, un sot : serait-il assailli
Par un démon subtil aux effluves de rose,
Qu’il téterait encore à la mamelle éclose !

Rock’n'roll $ (part 1)

Posted in videodrome on 30 mai 2008 by laviedesbetes

Cheap Trick – He’s a whore

Chroniques du cirque (XXXVI)

Posted in chroniques on 30 mai 2008 by laviedesbetes

Fin d’après-midi à la piscine de la Kibitzenau où Cécile et moi avons accompli notre séance hebdomadaire de natation. Deux kilomètres en crawl qui m’ont laissé le temps, après que j’eus réglé le tempo de ma progression, de passer en revue les principaux sujets de ma propre actualité. Tandis qu’autour de moi je voyais défiler les corps sveltes de jeunes de nageurs fonçant à la vitesse des torpilles et que j’avançais moi-même comme un vieux tronc au fil de l’eau, je me remémorais notre récente conversation.

Cécile et moi avons tous les deux connu les affres psychologiques et matériels d’une séparation à l’issue d’une longue période de vie commune. Tous les deux, nous avons de jeunes enfants obligés de partager leur vie entre deux parents qui ont eux-mêmes choisi de d’organiser leur vie autour de la priorité qu’ils représentent. Toutefois, mon amie, en évoquant sa situation, a mis en lumière un phénomène que je juge particulièrement éclairant en ce qui concerne l’évolution des mœurs françaises. Son ex-mari a eu un second enfant d’une autre femme avec qui il vit en province ; Rémy, chez qui elle vient d’emménager, est lui-même papa d’une jeune fille d’une douzaine d’années. L’originalité de cette combinaison réside dans le fait que Cécile a intégré complètement à son mode de vie et à ses projets tous les réseaux humains, anciens et nouveaux, dans lesquels l’ex tout comme le nouveau conjoint se trouvent être impliqués, partageant avec eux non seulement les contraintes matérielles liées à l’éducation des enfants, mais aussi l’éducation des enfants elle-même ! Ainsi, sa fille J. possède-t-elle, de fait, au moins quatre « référents » adultes : ses propres père et mère ainsi que leurs nouveaux compagnons. Son cercle « familial » a été élargi aux ascendants et descendants de ces derniers.

Il va sans dire que cette situation serait potentiellement porteuse de confusion et de conflit, si les adultes n’avaient pas également, par pur pragmatisme, réussi à dégager entre eux – mais cet exemple ne vaut pas généralité – un forme tacite de compromis de vie capable d’équilibrer celle de leurs enfants, de pourvoir à leurs besoins affectifs, de satisfaire aux apprentissages de la collectivité : ceux-ci font désormais partie, par les liens de filiation ou la seule nécessité, de plusieurs cercles familiaux dans lesquels ils occupent, naturellement, une place et un rang adaptés à leur état puéril. De façon assez cocasse, les enfants, qui ont une aptitude à la synthèse bien plus développée que la nôtre, n’hésitent pas à mettre en concurrence les modèles domestiques qui leur sont proposés, à tirer le meilleur parti de ce que leurs « référents » ont à leur apporter, à prendre exemple sur ce qu’il y a de remarquable, à relever les insuffisances ou les incohérences… Par un renversement assez original, cette société de médecins, de hauts-fonctionnaires ou d’enseignants réalise pour ses enfants l’idéal libertaire des soixante-huitards qui prétendaient, sans jamais y être parvenus durablement, faire éclater le carcan des familles et affranchir les enfants de la tutelle bourgeoise du lignage. En effet, J. et ses demi-sœurs quand elles seront devenues des femmes auront vraisemblablement un façon bien à elles de définir le lien familial : celui-ci leur apparaîtra probablement comme le tissage d’une solidarité de fait, à l’instar des anciens clans dans lesquels l’appartenance « générationnelle » importait autant que l’attache aux géniteurs. Le cousinage et la communauté de vie retrouveront peut-être, chez elles, la primauté que la famille réduite et unilinéaire occupe chez nous. Reste à savoir quelle rôle joueront encore les liens du sang et le port du nom.

Les vestiges du soir (le 19 août 2004)

Posted in archéologie on 30 mai 2008 by laviedesbetes

Après une période où j’ai voulu croire à ma possible « réinsertion sociale », j’en suis arrivé à tenir la position la plus inféconde, la plus frustrante, celle qu’au fond de moi je méprise, la neutralité. Elle n’est malheureusement que le fruit d’un constat auquel il est loisible à chacun d’entre nous de se livrer : nos institutions, notre régime politique, l’Etat de droit lui-même, organisent l’impuissance collective, marquant l’existence du citoyen du sceau de l’isolement et de la faiblesse. Nous avons eu le tort, depuis quatre siècles, de remplacer Dieu et la Providence, non par le libre examen et l’esprit critique, mais par d’autres fictions du raisonnement, juridiques celles-ci autant que celles-là étaient métaphysiques. Nous vivons le paradoxe d’une société où l’individu atomisé appréhende le lien collectif à partir d’une conception purement nominale et abstraite de la relation aux autres (droits et devoirs, contrat, propriété,…). Et c’est bien ce lien qui demande, à chaque instant, d’être noué, maintenu, renforcé… Il y a selon moi quelque malice à considérer que la liberté de l’individu – seule composante organique de nos sociétés – se trouve être bornée par l’existence d’un corpus de normes qui trouvent en elles-mêmes leur propre justification et dont le principe moral unique se lit aisément dans l’antique décalogue, ces tables de la Loi qui nous écrasent autant qu’elles confinent, arbitrairement, notre espace.

De surcroît, les fictions juridiques sous l’empire desquelles notre liberté est censée s’épanouir, ne tiennent elle-mêmes qu’à un fil, celui de l’ordre, dont le Gouvernement incarne, à lui seul, le versant tangible ; ces ectoplasmes, ces « fantasmes » aurait dit Calvin, ont conféré à un appareil technocratique, le pouvoir souverain d’agir au nom de tous, celui-ci tirant de ceux-là sa légitimité. Mais la puissance semble avoir déserté les parages d’un Pouvoir politique dont l’organisation ne forme plus aujourd’hui qu’une coquille vide. « Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent » déclarait Proudhon en 1850 : un tel jugement pourrait-être appliqué, me semble-t-il, à l’ensemble des pouvoirs constitués…

L’évolution du monde et de ses structures d’échange, les bouleversements technologiques ne mettent pas tant en péril les Etats-Nations que le régime représentatif dont ceux-ci se sont dotés depuis plus d’un siècle. Certes, le capital, la technique et la science sont apatrides et se jouent des préjugés et des lois ; certes, nos représentants sont plus que jamais coupés des citoyens, ayant perdu l’habitude de rendre compte de leur action à quiconque, sinon, de façon sporadique, à un corps électoral anémié qui pencherait plutôt vers l’impossible statu-quo. Mais la dépolitisation de nos institutions tient davantage à l’évaporation du pouvoir, à sa dilution, qu’aux multiples empiètement dont souffre aujourd’hui la souveraineté nationale. Ce bouleversement des rapports de force, nos hommes politiques n’ont pas su le prévoir, d’aucuns l’ayant même, de façon sournoise, appelé de leurs vœux. Ces « fourriers du grand capital » s’avèrent être les promoteurs d’institutions aussi vaines que creuses, reproduisant à l’échelle continentale, sinon planétaire, ce modèle bureaucratique et gestionnaire dont crèvent nos sociétés anonymes.

Dans ces conditions, et quoiqu’en disent juristes et philosophes, une ré-appropriation collective de l’espace public s’avère indispensable : il faut être résolument communiste en ces temps où la politique de la Cité a cessé d’appartenir à ses membres, où la délégation de pouvoir désigne d’improbables mandataires dont l’horizon se restreint à l’exercice comptable ou à l’échéance que constitue le renouvellement de la délégation de pouvoir. Il fut prôner la démocratie directe en un temps où les manifestations concrètes de la démocratie se bornent aux récitations abruties du cantique des droits de l’Homme et à l’exercice mécanique, quasi masturbatoire, du droit de vote. Si l’individu est, comme on le prétend, roi d’Occident, s’il est à la mesure de toutes choses, faisons de lui notre maître et ne laissons à personne d’autre que lui le soin de définir le souverain bien. Trêve de bavardages ! A bas tous les intermédiaires, ces médiateurs de nos libertés qui volontiers les sacrifient à leur seul confort ! Confrontons enfin nos intérêts particuliers à ceux de nos frères et cessons de croire, comme nous y invitent de vieux catéchismes, au mythe de l’intérêt général pour qu’enfin il puisse gouverner nos vies !

A cochon…

Posted in iconographe on 29 mai 2008 by laviedesbetes

… demi-cochon !!!!

Ils (elles) ont cherché…

Posted in perlespépites on 29 mai 2008 by laviedesbetes

j ai fait un massage pour ma tante

du bon usage des cantines

plus j’admire les bêtes moins j’admire (????)

doux venin oxymores

nez refait

fait d’aérodynamiques sur les oiseaux

la vie des tres betes montaigne

pourquoi il pleut

neil hannon protestant

pommeau d’escalier en albatre

… Ils (elles) m’ont trouvé !

Louis-René des Forêts

Posted in bibliophilie on 28 mai 2008 by laviedesbetes

Rarement ouvrage aura comporté Avertissement plus inapproprié à son contenu, plus mensonger quant à la portée réelle de ce qu’il annonce au détour de fragments qui composent, n’en déplaisent à l’éditeur vantant un ouvrage en cours dont ils seraient « l’état provisoire », un véritable tout. Biographie des états d’âme de Louis-René des Forêts, Ostinato constitue un véritable bijou de littérature, écrit dans une langue si raffinée qu’elle encourage à de multiples lectures. A un premier niveau, ces courts passages peuvent se lire à mi-voix, comme de véritables poèmes, chacun possédant son propre rythme, ses sonorités, son agencement subtil et délicat qu’un rien suffirait à chambouler. C’est ainsi que leur auteur aura passé toute une vie à assembler, puis défaire avant d’essayer une nouvelle combinaison, pour finir par un interminable polissage, ces si belles mécaniques que je ne me lasse pas de voir défiler sous mon regard :

« Le fier silence où il enferme de quelque façon ce qu’il aurait à répondre s’il n’avait pris le parti de se taire ».

Ensuite, il convient de s’attacher au contenu de ces interminables phrases dont, parfois, le sens paraît comme enchâssé, incrusté dans la délicate arabesque d’un décor luxuriant. L’exercice, qui pourrait paraître simple à première vue, s’avère redoutable, car l’œil autant que l’esprit butent sur l’extrême concentration du propos que redouble le style, qui entend en deux cents courtes pages rendre accessibles les états de conscience successifs d’un Homme confronté à l’océan du monde -cette expression mouvante et fluide du « même »-, à un univers fermé à double tour qu’il ne peut conquérir que dans une sorte de destruction finale, cette forme d’altérité qui toujours le rejette en lui-même. D’aucuns pourraient trouver vaine la tentative et se désintéresser totalement du résultat, mais je crois que dans cet exercice d’une densité absolue tente de s’exprimer l’ultime espoir : vivre enfin !

« Enfouir le visage dans ses mains et se désintéresser du monde tout en le surveillant du coin de l’œil pour se prémunir contre ses mauvais coups, d’ailleurs bien en vain, c’est toujours lui avec son poids dévorant qui aura le dernier mot ».

Enfin, j’aime ce livre tout particulièrement pour la leçon de courage et de pudeur qu’il impose sans jamais sombrer dans le pathos, sans jamais recourir aux béquilles de la morale judéo-chrétienne. Chacun connaît les tragédies qui ont marqué la vie de des Forêts, la guerre et la résistance, le mutisme qu’il retrouve à la mort de sa fille, mutisme dont il ne se défait jamais vraiment, se confiant comme à contrecœur, évoluant comme à contre-vie : « Voyez ici, dans le coin tout en bas de la toile vierge, les vestiges d’un naufrage ». Bréviaire stoïcien ou acte de renoncement à la façon des hôtes de Port-Royal, Ostinato nous enjoint à la fois de renoncer et d’oser, de lancer sans vergogne ni illusion nos bouteilles à la mer sachant que :

« La vie exige que tout en nous meure et renaisse dans un tumulte incessant. Prétendre que rien ne résiste à l’épreuve du temps est l’argument invoqué en faveur de l’inaction par les esprits avares qui tiennent trop chèrement à leurs vieilles guenilles pour s’en défaire ».

Il faut, sans hésiter, unir nos forces et les lancer à l’assaut d’une puissance qui invariablement nous écrasera. Peut-être y a-t-il, dans cette fatalité, comme un retour aux sources, comme l’union de deux principes dont l’affrontement, en définitive, dissimule la profonde articulation ? Nul cynisme dans ces belles phrases laissées, à l’encontre de tout pronostic, à ceux qui viennent encore. Nulle forfanterie dans la posture de l’homme seul qui chavire lentement tandis que dans le ciel lointain le jour, lui aussi, passe. Ostinato : procédé musical qui consiste à répéter un même motif tout au long d’un morceau tandis que les autres parties se renouvellent…

Le vers à moitié vain (L)

Posted in bouteille à l'encre on 28 mai 2008 by laviedesbetes

Frustration

Je ne pensais souffrir
Je ne pensais mourir
Du feu de cet amour
Que je ne consens pas
A t’offrir en atours
A te tendre en appât.

Trop lâche pour forcer
L’estime de ton lit,
Trop fat pour embrasser
De ton manteau le pli,
J’esquive en compliments
Qui ne font pas de bruit,
Ces lèvres en aimant
Dont je voudrais le fruit…

Si ce n’était ce don
Dont tu n’as conscience,
L’inavouable don
Se nomme patience.

*********

L’amour de ma vie

Une femme ayant vécu pour elle
Et qui vivra pour moi,
Une esclave, ma maîtresse !
Une femme au doux visage,
A la silhouette légère,
Aux jolies mains un peu fanées…
Une femme blessée,
Une femme guérie,
Aux sobres cicatrices
Que j’aimerai,
Que j’embrasserai tendrement.
Pensant à elle et le jour et le nuit,
Je rêverai l’odeur de ses cheveux,
Le satin de sa peau,
Le velouté de sa voix d’ange.
Pour moi, elle ouvrira ses jambes,
Accueillera ma force, avec joie,
Me serrera très fort contre elle
Quand je pleure.
Je verrai son image
Sur le front de nos fils,
A la lèvre des filles
Que nous aurons ensemble.
Cette femme à l’œil franc,
A la joue délicate,
Aux paupières doucement closes,
Donnera à ma vie
Cet horizon que je rêve
De repousser encore.
Elle m’aimera comme je suis,
Vent léger du matin,
Je l’aimerai comme elle est,
Petit oiseau qui passe.