Les souvenirs d’Ulad (I)
Prologue
Je me nomme Conchobar,
Rois des Ulates je suis.
Me dit-on vieux et sage
A la façon des pierres ?
Pourtant, comme une source
En moi couve la honte
Des affronts non lavés,
Des morts qui n’auront pas connu
Leur offrande de sang.
Le poids des ans m’effondre ainsi…
Mon royaume est de tourbe
Aussi humide et vert
Que les cieux font l’azur.
Rien n’y arrête les vents
Qui frissonnent les barbes,
Couchant, tel un souffle géant,
Les forêts et les hommes.
La pluie y consent ses faisceaux
Et partout des ruisseaux
Tissent leur toile fraîche.
Ulad était son nom,
Mais de lui je n’ai plus
Qu’une image effacée.
Je vis cloué au trône
Que de mes mains j’ai taillé,
Sculpté de chêne, incrusté d’ivoires,
Aussi lisse d’un front,
Usé comme une harpe
Ayant joué de trop vieux rhapsodes,
Comme on bégaie sa vie.
Viennent à moi, pauvre ombres,
Les fils de ceux, qui, jadis,
Furent pour moi des compagnons,
Viennent aussi les filles
De celles que j’ai aimées la nuit,
Auprès de qui, loin des guerriers,
J’ai puisé force et chaleur.
Parlant à mes paupières quand je dors,
Sous mon toit vermoulu
Leur joie résonne, toute nue.
J’ai vu tant et tant de choses,
J’ai connu des héros et maintes créatures,
Tour à tout valeureux,
Ecornant les serments,
Livrés à la colère comme des enfants.
Avant, je connaissais les chants sacrés,
Et ceux qu’inventent les bardes
Pour flatter le courage de nos bras
Et taire, dans la mêlée,
Le fuite de nos ventres.
J’eus pour maîtresses les plus belles,
Aux longs cheveux de soie,
Au sein gonflésde sève.
J’ai tenu dans mes mains
Des hanches douces et lisses,
Ouvert ces étroites barrières
Que dessinaient leurs jambes
Et goûté au nectar des vierges.
L’on m’a aimé, dit-on,
Sans qu’un seul nom me vienne.
A Emain Macha, ma ville sainte,
On vient encore parler aux druides,
Qui intercèdent auprès de ce fantôme
Au nom glorieux, au chef branlant.
Quand ils parlent à la balle
Incrustée dans mon crâne blessé,
Je revois tous ces fils
Que le dieu des combats m’a volé,
Je sens leur dernier souffle,
J’aimerais tant le mien…
A mes pieds vont les têtes
Des rois que j’ai vaincus,
Des félons m’a-t-on dit, mais ceux aussi
Que j’ai trahis par intérêt.
Mes regrets, ne sais-je où sont-ils,
A la traîne d’une femme, peut-être,
Bafouée par mes lèvres,
Deidre la pure, Luaine la maudite ?
A la mémoire d’une sœur
Que j’aurais déflorée ?
Les enfants me devinent
A travers l’apparat de mon règne
Et leurs yeux déshabillent mon corps,
Dénudant les scories,
Tandis qu’on chante encore ma gloire.
A leurs côtés je sais
Que dégoût n’est pas loin
Quand de mes yeux s’égouttent
Des larmes de sang qu’on dit saintes,
Qui ne sont que souillure.
Parfois vient-on de loin me raconter
L’histoire d’un roi, noble et bon,
Souverain à l’armée invincible,
Au chariots attelés d’or,
Aux épées ciselées.
Et je ris comme un dément,
Exhibant mes chicots,
Car il n’est rien en ce bas monde
Aussi faux que celui qui s’enfonce
Au reliquaire de ses peines.
13 juillet 2008 à 8:34
mélancolie poignante
ode de celui qui regarde son histoire avec lucidité
toujours ce sens épique qui te va si bien
mais dans le désespoir de ce qui est conté, j’entends du Gérard Manset….de nouveau
13 juillet 2008 à 10:26
A 18 ans, j’ ai été invitée à passer les fêtes de fin d ‘ année en IRLANDE, à Churchtown.
Le matin de Noêl on m’ a amenée vers les collines, là où il y avait de la neige … dans la campagne qui est si jolie.
L’ on m’ a dit de toucher la neige, car en le faisant un matin de Noel cela portait chance pour l’ année à venir.
Les Irlandais sont terriblement accueillant et chaleureux.
Catherine