Archive pour septembre, 2008

Les vestiges du soir (le 2 juillet 2000)

Posted in archéologie on 28 septembre 2008 by laviedesbetes

L’équipe de France de football a réussi la passe de deux. Les Italiens avaient pourtant annoncé qu’ils prendraient leur revanche : leur ténacité et une défense de fer n’y auront pas suffi. D’aucuns diront que l’égalisation française dans les arrêts de jeu fut chanceuse, tous retiendront la solidité d’une équipe qui est souvent parvenue à renverser le cours d’une partie, parce qu’elle ne se désunissait jamais et qu’elle pratiquait un jeu invariablement porté vers le but adverse. Enfin, il y a ce doublé historique sur lequel des générations d’aficionados pourront gloser à l’envie…

Noté au passage, à l’occasion des interviews des joueurs, leur manque d’assurance, leur naïveté – sinon une simplicité confondante – qui contrastent diablement avec la maîtrise qu’ils déploient sur le terrain et qui fait d’eux de véritables dieux vivants… Alors que balle au pied, ils défient l’entendement par une vivacité hors du commun et une lecture instantanée du jeu, face aux caméras, ils s’avèrent sans vraie personnalité, désincarnés au point de paraître transparents. Leur formation précoce, basée sur l’entraînement intensif et l’apprentissage d’une seule technique, renverrait-elle crûment à l’absence d’éducation dont ils semblent témoigner ? Ainsi, le champion incarne-t-il une forme très dénaturée du héros classique : self made man que ne hante ni l’élection, ni la vérité, ni la rédemption, que l’instinct de revanche n’anime pas, il s’avère moins fasciné par la toute puissance que par l’argent et la popularité que procure la seule réussite.

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Lecture du Mishima de Yourcenar. J’avoue avoir été un peu déçu par ce livre : le parti-pris de présenter l’œuvre par un résumé, parfois laborieux, des principaux ouvrages, ne m’a pas convaincu et, de surcroît, encourage fort peu à la lecture de Mishima. Certes, le sous-titre (« la vision du vide ») justifierait à lui seul les raccourcis et les oublis puisqu’il s’agit, en partant du dénouement que chacun sait, de décrire les étapes littéraires d’un suicide dont on comprend très vite qu’il répondait à une nécessité vitale : « la vie humaine est brève, mais je voudrais vivre toujours » confie l’écrivain quelques heures avant sa mort. Les dernières pages sont, en revanche, d’une bien meilleure facture : elles racontent, avec précision et beaucoup de rythme, la tentative, complètement ratée, de la société du Bouclier d’en appeler aux masses – avachies et moqueuses – et celle, parfaitement réussie, d’accomplir dans le respect scrupuleux du cérémonial séculaire, le seppuku. Ce dernier fascinait Mishima au point qu’il en avait déjà mimé tous les gestes dans un film où il interprétait, déjà, le rôle d’un officier mutiné contraint au suicide.

Vingt verres sinon rien !

Posted in Non classé on 27 septembre 2008 by laviedesbetes

Rue de Belleville, à la terrasse d’un café, deux garçons circonspects, un tantinet moqueurs, et leur père navré face au résultat de sa coutumière maladresse.
“- Euh… Papa, ton café coule par terre.
- Oui, mon garçon je vois bien, je vais aller demander une éponge au serveur.”
Me voici au comptoir, au milieu d’une clientèle d’habitués, à essayer d’attraper au vol un serveur qui ne sait plus où donner de la tête. En effet, le beau soleil d’automne a drainé vers son établissement ceux qui, comme nous, musardent avec la certitude que ce temps magnifique ne durera pas… Je le vois, jeune et mal rasé, son grand tablier blanc tendu comme une longue tunique, en train de porter péniblement un casier rempli jusqu’à la gueule de vaisselle sale…
“- S’il vous plaît… je viens de renverser ma tasse… Vous n’auriez pas quelque chose pour éponger ?
- Si bien sûr.

Et tout se passe comme dans un film. Mon serveur dépose le casier sur la desserte du comptoir, puis se retourne brusquement. Je le suis du regard, tandis que les verres et les assiettes basculent dans le vide avec un beau mouvement d’ensemble… Juste le temps de fermer les yeux et de me préparer mentalement au bruit de la vaisselle qui se brise.
[énorme bruit de verre cassé]
Tous les regards convergent vers l’endroit où je me trouve. Ma voisine me regarde l’air narquois. Je sens confusément que ma présence n’est pas étrangère à cet enchaînement malheureux :
“- je suis désolé, bredouillé-je.
- pas grave, me répond-il d’un ton las.
- pourrai-je avoir un autre café ?
Je n’ose lui dire ce qui me vient à l’esprit, mais beaucoup doivent le penser en même temps que moi : briser du verre blanc est gage de bonheur paraît-il, alors une telle quantité… des années de Nirvana assurées !

Goth save the Queen (of the Dead) – 8

Posted in videodrome on 27 septembre 2008 by laviedesbetes

Siouxsie and the Banshees – Israel

Siouxsie and the Banshees – Spellbound

Siouxsie and the Banshees – Painted Bird

Siouxsie and the Banshees – Happy House

Au moment des séparations, le partage du fonds commun occasionne souvent quelques malentendus, sinon des conflits. Pendant plus de dix ans, M. et moi avions soigneusement évité de mélanger nos vynils, cds et autres cassettes, car si nos goûts musicaux restaient proches, chacun prenait soin de ses affaires, évitant que le moindre amalgame puisse être commis entre la tenante de la pop anglaise et l’amateur de grindcore… Bref, lors du tri final, je remarquai que le “Nocturne” des Banshees avait glissé de mon étagère à celle de M., sans que je susse qui était à l’origine de ce terrible forfait. Pas que je fusse un fan de l’égérie de Vivienne Westwood et de Malcom McLaren, mais j’adorais et j’adore toujours cet album live au son quasi parfait et qui propose, à mon avis, le meilleur line-up du groupe avec Robert Smith aux guitares. S’ensuivit, comme chacun l’imagine, une âpre négociation dont je sortis finalement vainqueur. Ce que j’ai pu vérifier ce matin, non sans un certain soulagement, puisque j’ai retrouvé cette pépite dans mes piles de cds…

Le vers à moitié vain (LXXI)

Posted in bouteille à l'encre on 25 septembre 2008 by laviedesbetes

Où vont les Fées ? Leurs rires blancs fusent au loin,
Des lieux reculés, du profond des fougères,
Fusent comme flèche à travers une archère.
Les branches mêlées, l’entrelacs des mille coins,
Forment la toile d’araignée des jeux d’enfants :
Chaque fleur fait trophée, chaque trou galerie,
Aux habitants du royaume de Féerie,
Les cailloux des ruisseaux ont un code élégant
Pour dire aux alentours qu’a été avancée
La date du congrès. Une nymphe engoncée
Au lit d’une rivière, un génie accroupi
Au milieu des ajoncs et leur troupe assoupie
De poissons-chats, de rats musqués et d’oiseaux-lyres
Ecoutent le récit de l’amour et de l’ire
Du noble Obéron, que Roi-soleil renia,
Du fol Obéron pour la belle Titania.

L’aînée des Fées, d’une grande beauté, déclare :
Voyez cette maison, voyez son âtre froid
Et l’agonie du four sous la ruine du toit :
Ici, des hommes vénéraient les dieux lares,
Là, ils dînaient en paix avant la mortelune
Qui les vit disparaître à la vue des mortels.
- A la vue des mortels ?
” Ensemble disent-elles :
Parfaitement. Titania, dans son infortune,
Donna son cœur au paysan de cette manse
Egaré parmi nous, envoûtée par l’essence
D’une tulipe noire ajoutée à son vin.
- Qu’advint-il à cet homme ?
” ajoutent les cadettes.
Le cruel Obéron fit sonner les trompettes,
A la tête de l’host parut à nos confins,
Croyant trouver la reine à la merci des vents
De son sillage bleu, la vit en bras galants
Abandonnée aux jeux de la seule insouciance,
Les cheveux dénoués sur la nuque ténue,
Les boucles mordorées sur les épaules nues,
Ivre d’amour, éperdue. La mésalliance
Alluma jalousie dans le regard de l’Elfe
Et fit silence en son cortège courtisan.
Aux mages de sa cour, il adressa grief
Pour avoir fomenté ce piètre guet-apens
Alors que devait se jouer, en cette nuit,
Le sort du royaume des Fées. C’est éconduit
Qu’il se retira quand toutes nous tremblions
Et que chavirait la reine en ce tourbillon

Qu’elle ne quitte plus. La horde souleva
Le pauvre moissonneur pour le jeter à bas,
Sur le feu de la hutte où l’attendaient les siens :
On dit que tout périt et qu’Obéron fut bien.

Elles sont bouche-bée : l’histoire d’une reine
Et de son pauvre amant, le malheur d’une mère
Et la mort d’un vilain font silence éphémère
Au sein de l’assemblée, car au faîte d’un frêne
Une pie s’est perchée. Dans son bec une agate
Adresse des signaux aux petites joueuses ;
Alors, nid de moineaux qu’égaillerait la chatte
Elles s’envolent criant “ sus à la voleuse ! ”,
Dans un froufrou de soie, frisson de chevelures,
Filant comme hirondelle à la suite d’un taon.
L’ancienne amusée par tant d’inconscience
Envie à la jeunesse sa belle effervescence,
Et prête à emboîter le pas quand elle entend,
Près de la cheminée, un sanglot étouffé,
Puis entrevoit la fleur au sillage des fées.

Charles Bukowski

Posted in bibliophilie on 24 septembre 2008 by laviedesbetes

 Contes de la folie ordinaire… On ne plaisante avec un tel sujet qu’après avoir mesuré avec exactitude sa propre imperfection congénitale, sa propre finitude. La folie mérite mieux que le traitement auquel la condamne Bukowski. Véritable état de grâce dans lequel les interactions de la vie sociale n’ont plus cours, elle déforme le réel plutôt qu’elle n’en voit s’écorner les contours. Le postier, héros involontaire de ces chroniques de marigot, juge à l’aune de l’unité absurde du troupeau humain, l’expérience troublante et univoque du chaos. Le lecteur s’avère incapable de saisir la moindre parcelle de cette forme de génie aérien, car la folie ne saurait se résumer au seul énoncé d’une maladie mentale ou d’une gangrène sociale galopante. M’est avis cependant que cette confusion malhonnête procède d’un projet cohérent. Hank, en bon opportuniste, voudrait respirer les naseaux enfouis dans la fiente, et pour ce faire, se dote de solides branchies afin de pouvoir prospérer dans les bas-fonds de la turpitude. L’homme est misérable : sans contredit. Nous voyageons dans les limbes d’une pensée qui nomme désespoir ce qui n’est, somme toute, qu’une lâcheté de jobard. Il faudrait choisir, selon lui, entre couardise et crédulité : autant opter, alors, pour la castration, et ce afin d’atténuer les effets de la lobotomie. Libre à l’alcoolique de se prélasser dans le bourbier en feintant les gesticulations du noyé : il ne perd jamais pied, tout juste trébuche-t-il.

Chroniques du cirque (LIV)

Posted in chroniques on 22 septembre 2008 by laviedesbetes

Vision étrange et apaisante : la grande montagne nimbée d’une lumière orange qui pâlit sur ses flancs comme une auréole et ceinte d’une épaisse couronne de nuages à l’étrange consistance de coton. Tandis que le train s’ébranle, mon regard se perd dans cette image un peu surréelle, tandis que l’esprit, bien plus alerte, glisse sans le moindre effort et à une vitesse vertigineuse, le long des pentes raides et nues de la vieille dame. Lentement je m’éloigne, tiré par la force indubitable d’une motrice, emporté loin de cette vision du couchant que je tente, une dernière fois, de graver dans ma mémoire.

Alors, je ferme les yeux pour mieux revivre cet instant merveilleux du petit matin, pour mieux sentir à nouveau la douceur de sa peau et cette odeur envoûtante que je porte sur moi comme un médaillon de nos étreintes. Il est encore tôt, mais mes idées sont nettes, sans la moindre trace de brume : je pose sur elle un regard lourd d’intentions, un regard chargé de tendresse et de reconnaissance. Ma main, que je veux la plus légère possible, tente d’imprimer délicatement sa marque sur cette épaule toute blanche et menue, que ma paume, pourtant étroite, parvient à emprisonner toute entière. Je nous revois alors, quelque heures auparavant, elle, si belle et désirable, collée à moi dans son peignoir blanc. Nous regardons, sans trop y voir, un très beau film qui raconte l’amour éperdu d’un homme du peuple pour une belle aristocrate, trop tôt disparue, qu’il tente de ramener à la vie par la seule force de la suggestion. Nos regards et nos doigts enlacés prédisent l’avenir bien mieux qu’une diseuse de bonne aventure, car eux ne se fient qu’au présent…

Ma bouche sur son ventre, ma bouche sur ses petits seins délicats. J’aime ses lèvres de satin, la douceur suave de ses baisers qui contraste avec l’élan presque brutal de son corps quand il se jette sur moi, la volupté où m’entraînent ses jambes féeriques, longues et fluides, qui enlacent mon ventre pour l’appeler à elle. J’aime sa sensualité et les mots qu’elle susurre, rares et pertinents, qui me font rougir de plaisir autant qu’ils aiguisent mon envie d’être en elle. J’aime son visage où les nœuds de la crispation se dénouent laissant place nette au voile blanc du désir, j’aime ses yeux pâles qui luisent à la façon de feux-follets qui, bientôt, me traverseront de part en part, j’aime sa bouche entr’ouverte où s’exhale un soupir à la naissance du frisson qui consume l’âme entière. A l’abandon nous aspirons de tout notre être, à l’abandon des retrouvailles.

Elle dort profondément et j’épie chacune de ses respirations, chacun de ses mouvements. Je voudrais qu’elle se tourne vers moi, me sourie et me prenne dans ses bras, qu’elle dépose ses doigts cerclés de parures sur mon crâne chauve pour le presser tendrement au creux de son cou comme on le fait avec l’enfant que l’on veut consoler du monde et protéger de lui-même. Je suis heureux en ce petit matin. Heureux d’être avec la femme que j’aime.

La contine des cantines (XLIV)

Posted in contines on 19 septembre 2008 by laviedesbetes

Je naquis dans un monde où les forces en présence me terrassaient par leur froide résolution : pantin de bois, je fus le jouet de leurs inconcevables calculs.

« J’attends qu’une main secourable vienne presser sur la détente » dit le dépressif à son maître Tranxène. « Appelle plutôt de tes vœux, celle qui t’administrera une sévère correction ! » lui répond le benzodiazépine…

La tradition, chez ceux qui la revendiquent encore, n’est jamais qu’une version appauvrie de l’éternité, aujourd’hui impensable.

J’abrite une ironie féroce qui imprime à mon corps des soubresauts ridicules, lui conférant l’allure touchante du Guignol des jardins d’enfants.

Pulpeuses chimères, je survis au sillage de votre appétit de femmes fœtales.

« Ne m’aurait-on dérobé des trésors d’innocence ? » me dis-je en découvrant qu’au fond de mes poches s’entasse de la fausse monnaie dont je ne sais trop d’où elle vient, mais qui déchire mes coutures par son poids.

A trop attendre, l’Homme oublie l’attrait du dénouement, appelant “patience” ce qui n’est plus, somme toute, que de la faiblesse.

Parfois, le devoir affranchit davantage que les droits dont nous barde la loi : long et tortueux chemin qui mène de la servitude au service.

En démocratie, majorités électorales et minorité politique font souvent bon ménage.

Le citoyen de poche n’est jamais qu’un nain à qui l’on a construit une maison de poupée et qui s’y sent bien…

La sagesse qu’enseignent aujourd’hui les pères à leurs enfants ne se paie pas de mots, car aussi bien la docilité que le conformisme sont devenus, en quelque sorte, des qualités tacites. L’égoïsme et la lâcheté, qui passent pour de véniels péchés, conduisent d’ailleurs à rendre vaine toute prétention des aînés à l’éducation de leurs enfants.

Goth save the Queen (of the Dead) – 7

Posted in videodrome on 18 septembre 2008 by laviedesbetes

Virgin Prunes – Come to Daddy

Groupe de doux dingots en provenance directe de la verte (et plus très vierge) Irlande. J’avoue que, pour moi, leur écoute fut souvent une corvée… Pour plus de plus amples (comme leurs jolies robes) détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Virgin_Prunes

Les souvenirs d’Ulad (V)

Posted in Eire on 17 septembre 2008 by laviedesbetes

Je suis le chien…

Je suis le chien de Culann, le forgeron…
Mes compagnons louent ma force et mon courage,
Mais je sens bien, chez le vieil homme,
Quelque reproche
Et chez mon oncle
De la crainte.

La faute à son étourderie,
La faute à mon esprit facétieux,
L’un pris par le vin, l’autre par jeu :
Malheur à l’homme
Qui met son bien et sa fortune
Entre les crocs d’un animal.

Tout le jour j’ai joué,
J’ai lutté contre la meute des garçons,
Aussi faible que rieuse ;
Chemin faisant, j’ai lancé
Ma balle en cuir aux étoiles,
Certain d’en décrocher plusieurs.

J’approchais de la ferme,
Tout à ma joie, impatient
De rejoindre les hommes à la guerre,
Qu’il a surgi comme une flèche
En rugissant comme un dragon,
Le chien hirsute de Culann.

Je ne l’ai vu qu’en un éclair
L’écume blanche, la langue rose
Et la rangée de dents, dehors…
Il ne m’a vu qu’à moitié mort,
Hululant comme la chouette,
Le dos cassé, la gueule en sang.

Je me suis dit
Qu’une bêtise était complète
Quand celui qui l’a faite
Imitant tout de l’innocent,
Découvre son crime
A l’amende qu’on lui réserve.

Et c’est donc en enfant
Que je deviens un homme
Aux yeux de ceux qui servent un roi
Et qui se moquent encore
De celui qu’ils n’oseront bientôt
Plus défier.

Le forgeron me dévisage
Lui seul sait quel est le prix de mon audace,
Combien est grande ma solitude,
Enfant trop fort,
Héros trop ombrageux
Pour se tirer d’affaire sans l’orgueil.

Quand je promets de lui donner une bête
Aussi forte que l’autre,
Aussi forte que neuf hommes,
Il me regarde en biais
Et je devine ce qu’ils diront bientôt :
Je suis le chien de Culann.

Le vers à moitié vain (LXX)

Posted in bouteille à l'encre on 17 septembre 2008 by laviedesbetes

Miroir, mon beau miroir,
Si seulement
Tu pouvais me dire
Qui je suis…

Atours de mon visage
Une aura de pénombre,
L’auréole malsaine
A ceux qui vont sans voir.

Miroir, mon beau miroir,
Si seulement
Tu pouvais me trahir
Quand je mens.

Atours de mon regard
Les cernes en crevasse
Où s’apprend l’abordage
De mon vaisseau fantôme.

Miroir, mon beau miroir,
Si seulement
Tu pouvais effacer
Les rides de l’échec.

Atours au grand trou noir
D’une pupille obtuse,
L’iris pailleté,
La cécité mentale.

Miroir, mon beau miroir,
Si seulement
J’étais, pour toi aussi,
Une fois le plus beau.

« Atours de ta folie,
Mon bel ami,
Un monde qui va, des gens qui s’enfuient,
Ceux que tu ignores et que pourtant je vois
. »