La contine des cantines (XLV)

Que les femmes sont belles dans leurs atours de fêtes…Et que j’aime leurs petites faiblesses, ces légères angoisses que nous offrent des mots susurrés d’une voix confidente.

J’imagine la joie de ces amants qui ont dompté la bête.

Je crains la paix de l’âme comme la chair et le sang craignent la pétrification.

Les délires de Mani me fascinent : le Prince des Ténèbres expliquerait, par la seule force de ses grimaces, tout ce qui défie notre entendement.

Le poète aime moins dire que faire sonner et trébucher les mots.

Des mains que je veux propres : celles qui se joignent dans le geste de la prière.

Si la femme était l’égale de l’homme, leur union ne constituerait pas ce jeu à somme nulle à la table duquel tous se précipitent. Si la femme était l’égale de l’homme, le monde serait infailliblement surpeuplé et sans rémission possible. Il faut admettre que cette égalité nous vouerait à la perdition plutôt qu’au réconfort.

La naïveté est l’excuse de celui qui ne vieillit pas et la vieillesse celle des autres qui ont perdu, en même temps que l’enfance, son sourire.

Chez autrui il faut aimer non ce que l’on voit, mais ce que l’on découvre.

J’arpente le rêve comme d’autres vivraient leur chemin de croix, en y laissant des plumes imaginaires.

La moralité, ce fruit amer de l’union entre l’humilité et la force.

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