L’ange blessé
Je penserai tes plaies, au vif j’embrasserai
Pour dire à la blessure qu’une fois n’est pas trop,
Qu’un pansement d’amour sur le terrible accroc
D’une âme bafouée, efface et contre-fait.
Si j’avais ce pouvoir, j’inverserai le temps,
Je punirai les gueux, expurgeant l’immondice
Aux bourgeois incrusté, jetant au précipice
Et l’horreur et son Maître, encensés excréments.
Que mes baisers soient doux à ta folle douleur
Bondissant sous le pouls que je tiens à mes lèvres,
Que ma joie t’inocule un poison de douceur
Qui chassera des morts l’étreinte aux quartes fièvres !
Je déferai le Ciel pour donner à nos jours,
Même s’ils sont comptés, réconfort et toujours…
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C’est au petit matin…
C’est au petit matin, dans un demi-sommeil
Nimbé de rêverie, que je sens ton parfum
Inoculant désir à mes fibres nerveuses,
Insufflant la douceur à mes lèvres offertes.
Mes doigts, petits chercheurs, volètent comme abeilles,
Apposant à l’épaule, à la paume des mains,
Une pincée de joie, la caresse envieuse
Et le sceau de l’amour à la lèvre entrouverte.
L’aube est le moment doux du partage des songes,
De l’échange des peaux sans qu’aucune nuée
Ne vienne déranger la floraison des sens,
Quand le pétale enfreint l’interdit de l’épine.
Dans mes bras en corbeille, un corps pâle où je plonge
Un baiser délicat, dissipant la buée
Sur ton visage blond aux yeux bleus qu’Innocence
Apporte en dot au fou de toi, belle héroïne.

