Archive pour décembre, 2008

La contine des cantines (LI)

Posted in contines on 26 décembre 2008 by laviedesbetes

Le monde profane est incréé en tant que processus d’édification.

Toute réalisation représente l’union synthétique du phénomène et de son principe, de l’être et du devoir être… l’action est, par conséquent, ou bien un dévoilement, ou bien un dévoiement.

11 heures et 11 minutes : ces quatre unités, en vérité, sont mes repères pour la vie. Quand je les croise du regard, je me dis que tout va mieux… pure superstition qui toujours se vérifie.

En dernière analyse, mon attrait pour les controverses livresques n’a que peu d’intérêt : elle entretient, au mieux, l’illusion d’un savoir qui postule au rang de pensée, mais qui n’est finalement qu’une érudition de bazar.

Dire que la vie est stupide ou absurde, c’est déjà lui conférer trop d’importance. On ne se mesure pas à l’aune du Chaos !

Je me fais parfois l’impression d’être fat, suffisant et insensible. Je découvre alors que l’égoïsme est chez moi comme un trait de caractère, une sorte de réflexe conditionné par un long apprentissage. Faut-il préciser que j’ai toujours eu beaucoup de facilités dans ce domaine ?

Ne jamais confondre morale et politique, pas même en désespoir de cause !

Le clapot des vagues susurre l’extase de l’Océan qui s’épuise et renaît toujours. Il est le plus beau des poèmes.

Paresse, orgueil, gourmandise, luxure, avarice, colère et envie : à peu de choses près, les sept pêchés capiteux.

Les vestiges du soir (le 13 juin 1992)

Posted in archéologie on 26 décembre 2008 by laviedesbetes

La fatalité mythologique, ce bon vouloir des dieux capricieux, absolvait par avance le héros antique qui n’était ni responsable, ni auteur véritable de ses actes. Le combat moderne, en revanche, inclut la culpabilité dans son arsenal de procédés. Désormais, dans la sphère de l’être existe un choix, la liberté d’un choix, la responsabilité d’un choix. L’autonomie du libre arbitre rencontre en permanence les conséquences de l’engagement, que celles-ci soient théoriques ou pratiques. L’efficacité ou le succès, pas plus que le juste ou le beau, n’existent ou ne s’apprécient par devers l’être humain qui revendique, à l’appui de ses capacités et de sa volonté, les faits tangibles aussi bien que les idéaux.

Parallèlement, la pluralité des acteurs, comme autant de causes possibles et inter-agissantes, vient introduire dans la vie un élément d’hétéronomie qui permet d’expliquer leur impuissance relative. Ainsi, l’Homme ne dispose-t-il jamais intégralement du fruit de son labeur et ne saurait se voir imputer, sinon de manière arbitraire, l’entière responsabilité de ses actes. Il est à la mesure de toutes choses… c’est dire à la fois qu’un principe d’anarchie sous-tend son univers, débauchant les objets, et que l’ordre est, au coeur même du complexe de sa liberté, une pure convention. La liberté aurait donc pour corollaire un faisceau inextricable d’actes et de conséquences que l’on prétend rattacher à d’hypothétiques auteurs.

Et je persiste à croire que l’on ne pourrait donner un sens au concept de responsabilité en partant du sujet sans aboutir fatalement à l’arbitraire, au hasard et à l’injustice. La créature et le mythe de sa création, plutôt que la conscience, me paraissent davantage pertinents pour comprendre l’originelle liberté, celle dont on ne peut ériger le concept sans rencontrer l’absurde.

Une idée cadeau de dernière minute !

Posted in perlespépites on 23 décembre 2008 by laviedesbetes

Vos parents aiment la musique de chambre et les claviers bien tempérés ? Votre conjoint adore la Star Acad’ ou tous les télé-crochets du PAF ? Vos enfants ne jurent que par Tokio Hotel et consorts (Slipknot) en chantant à tue-tête leurs refrains mélodieux ? Ce DVD est fait pour eux… un peu comme le Best-of de Hara-Kiri qui ravira les amateurs de belles-lettres (Almanach Vermot). 

J’vous jure c’est d’la balle !!!! J’ai fait voir le début à mes fils (traduction simulatannée assurée par mes soins – les “fuck”, “fuckin’” en moins), ils ont adoré…

kiwis & wallabies… four

Posted in videodrome on 23 décembre 2008 by laviedesbetes

Angel City – No Secrets

En Australie, The Angels remplissaient des stades… En Europe, Angel City fit une honnête carrière de groupe de rock, suscitant l’intérêt de l’hexagone pour un seul de leurs titres… “Marseille”

Le vers à moitié vain (LXXXIV)

Posted in bouteille à l'encre on 23 décembre 2008 by laviedesbetes

Combustions-nous !

La vie consume en nous le bois des sentiments,
Petit fagot du jour, forêt d’émois des nuits
Voletant comme cendre au dessus du grand feu
Qu’attise insolemment l’inconscient retors.

Que palpitant s’emmêle à enfumer l’amant
Sur le bûcher des sens d’étoupe et naphte enduit,
Pour que l’esprit s’affole, impuissant couvre-feu
De la raison falote entre Achille et Hector.

Des tirades jolies vantent la tempérance
Au fronton des cités inscrite en lettres d’or ;
Mais la flamme à la bouche et la chaleur au ventre
Ont tôt fait messe dite et l’onction extrême.

L’amour est cette braise qui aux corps l’espérance
Attache à la façon d’un zélé picador ;
En parfait combustible, il dit aux deux bas-ventres :
« Brûlez-moi comme Troie, je renaîtrai quand même ! »

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Main dans la main,
Comme lacet d’un vêtement
Que nous voulons porter ensemble,
Nous avançons, fiers, invisibles,
Cachés en nous
Comme au jardin des délices.
Mondains par jeu,
Cois par prudence,
Nous venons à la ville
Aussi lisses qu’intimes,
Car au pays des faux-amis
L’amant est roi de pacotille.

Nous savons sans le dire
Qu’un seul de mes regards
Perdu dans tes cheveux,
Accroché à ta lèvre,
Allumera tes joues
D’un grand feu pour moi seul.
Nous savons sans le dire
Qu’un seul de tes sourires
Frissonnera ce cœur
Que je porte à ton cou,
Qu’au creux de ces deux mains
Notre amour se réchauffe.

Le chevalier à la mort

Posted in iconographe on 22 décembre 2008 by laviedesbetes

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Les souvenirs d’Ulad (IX)

Posted in Eire on 21 décembre 2008 by laviedesbetes

L’épopée lamentable de Connlach

J’avançais sous la lune, aussi froid qu’une glace,
Aussi prompt qu’une lame à jaillir du fourreau,
J’avançais sous la pluie, plein d’orgueil pour ma race
Et au cœur cet espoir, croiser quelque hobereau
Pour lui damer le pion, pour oser la rengaine :
« Qui es-tu beau guerrier au harnois rutilant ?
Qui es-tu pour braver de l’Ulster turbulent,
Un des fils en maraude ? » Et ma voix pour antienne :

« Si tu veux ma lignée, il faudra que tu sois
Autant que brave en vie, car jamais je n’ai fui,
Non, jamais un écart, pas plus qu’un pas fortuit
Qui m’aurait de l’honneur privé, coupant ma voie
De son unique but : trouver le Roi du monde ! »
J’avançais vers l’intrus le brisant d’une taille
Au joint de son haubert, libérant d’une entaille
Et le souffle et le coeur, questions moribondes.

J’avançais et toujours venaient à ma rencontre
Les commensaux hardis, les coureurs de lauriers,
Car se disait qu’un loup hantait d’étroits sentiers,
Faisant aux fils d’Ulad comme une malencontre.
Pas un ne sut jamais d’où j’étais, ni mon nom,
Pas un agonisant n’eut droit à mes égards,
Car l’élan du destin poussait mon étendard
Vers Gae Bold pour qu’il fût son seul gonfanon.

A l’orée d’un bois mort, dans la tourbe fangeuse,
D’un bond vint-il à moi, à la façon d’un dieu
Armé de pied en cap, une mine ombrageuse
Et le poing gigantesque aussi noir que les cieux.
J’avançais sans qu’aucune interrogation
Ne perturbât sa bouche aussi close qu’un œuf,
M’exposant à ses coups, m’arrimant comme un bœuf
Au timon du courage : enfin l’oblation !

Quand je chus d’un coup bas traversant ma poitrine,
Un sourire se fit à mon visage glabre.
Tandis que je gisais, une femme en gésine
Apparut à mon père. Aussi vain que macabre,
Je l’entendis gémir : « Maudis sois-tu la mère,
Qui ne sut enseigner parade à mon coup tors,
Maudit sois-tu le fils, tué par son compère,
Maudit sois-tu le Chien qui étreint comme il mord. »

La contine des cantines (L)

Posted in contines on 21 décembre 2008 by laviedesbetes

La puissance est insensée, c’est dire si elle excite, c’est dire aussi que son exercice n’apaise jamais.

Le sang et les tribus en imposaient bien davantage que nos hypothétiques conventions ou nos indéchiffrables sentiments. Ainsi, Renan, lorsqu’il décrit les ressorts du sentiment national comme mode d’appartenance des individus n’a raison que de façon théorique ou purement idéale. Au fond, le phénomène qu’il décrit repose sur des mécanismes plus rigides et des artifices plus grossiers. Comme le dit Taine, la tradition possède la force du préjugé…

Faire impression : il s’agit bien moins de laisser une trace que de participer d’une opinion générale…

Qui ressent le dégoût du Prochain ne sent probablement jamais sa mauvaise haleine.

La poids de l’échec n’est jamais aussi lourd à porter que lorsqu’il équilibre le succès des autres.

La déception est pour l’Homme le canon d’une arme pointée contre sa tempe.

La fausse modestie ou l’art de se prémunir du meilleur… comme du pire !

Dans notre mélancolie il y a le malheur et les souffrances de ceux que nous n’avons pas connus et dont le sang coule dans nos veines.

La paix n’a qu’un prix, le Nobel. C’est dire si elle est de peu de poids…

Le savoir nous donne à choisir entre le fanatisme et le scepticisme. Par défaut ou surcroît, il nous mène ou bien à l’ignorance ou bien à l’érudition entre lesquelles balance toute la mémoire de l’Humanité qui s’interroge encore sur la valeur de ce bric-à-brac qu’ignorent superbement les Bêtes et dont les Monstres font un usage intensif… L’ignorance est un enfermement, sans contredit. Mais quelle forme de libération y a-t-il à attendre d’une fréquentation assidue des laboratoires et des bibliothèques ?

kiwis & wallabies… three

Posted in videodrome on 19 décembre 2008 by laviedesbetes

Nick Cave & the Bad Seeds – The Mercy Seat

Le livre des lectures (XXV)

Posted in citations on 19 décembre 2008 by laviedesbetes

“Je n’écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n’écris pas pour dire que je n’ai rien à dire. J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j’ai été un parmi eux, ombre au milieu des leurs ombres, corps près de leur corps ; j’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture ; leur souvenir est mort à l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie.”

George PEREC, W ou le Souvenir d’Enfance

“Je l’ai fendue du haut en bas, comme une bête, parce qu’elle comptait les mouches au plafond pendant que je lui faisais l’amour.”

“Il m’avait mis un morceau de glace dans le dos. Le moins que je puisse faire était de le refroidir.”

Max AUB, Crimes Exemplaires

“Homme ! Libre penseur – Te crois-tu seul pensant
Dans ce monde, où la vie éclate en toutes choses ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’univers est absent. (…)”

Gérard de NERVAL, “Vers Dorés”

http://fr.youtube.com/watch?v=Y1ksinFsB4A

“Through the winter’s woods
To the giddy edge of light
We shut the door on pain
Those tales are dead – dead forever
A wind must agree
To blow us on course
It can be quick to come
But, once it’s gone – it’s gone forever
Through the winter’s woods
To the giddy edge of light
We are all in the vein
It is already too late
What do we winess?
What do we negate?
In this world of shadows
And sordid allusion
Through the winter’s woods
To the giddy edge of light
All this arrogance and ignorance
Will be washed away
Craving for tomorrow
Craving for today
By association
I want, want everything
Through the winter’s woods
To the giddy edge of light”

Douglas Pierce, “The Giddy Edge of Light”