Archive pour février, 2009

Chroniques du cirque (LXVII)

Posted in chroniques on 27 février 2009 by laviedesbetes

L’abrutissement auquel m’ont conduit ces dernières semaines de travail se traduit par une migraine persistante, qui cesse à peine au réveil et qui revient rapidement à mesure que le faisceau des servitudes se resserre autour de moi… Je ne lis plus, ni n’écris, sinon, de temps à autres des courriels ou des sms pour donner de mes nouvelles et en prendre de mes amis. Le soir, je m’effondre plutôt que ne m’endors, aspiré par mon lit un peu comme une masse de plomb le serait par un duvet de plumes. Dimanche dernier, j’ai retrouvé Suzan à la fondation Cartier pour l’expo Depardon/Virilio. Comme de coutume, nous avons beaucoup échangé sur l’ordonnancement relatif de nos existences et la difficulté que nous avions l’un et l’autre à stabiliser nos vies affectives. Je concède que les contraintes qui s’imposent à elle confinent davantage aux clauses léonines d’un contrat injustes qu’à des choix d’existence, que j’ai infiniment plus de marges de manœuvre que mon amie ; il n’en reste pas moins qu’elle et moi, comme tant de monde, naviguons à vue sur le même banc de nage où s’essoufflent, où suent tant d’autres galériens de l’amour.

Mes désillusions récentes, comme toujours, me conduisent à m’interroger, tant sur les causes objectives du ratage que sur ce qui, en moi, ne tourne pas rond, mes incohérences, mes inconséquences ou mes lâchetés. Pour le coup, sans que cela me dédouane en quoi que ce soit, j’ose penser que ce qui m’a perdu, au sens purement topographique, est une forme d’aveuglement qui m’a interdit de voir les évidences qu’on tentait de me mettre sous le nez. Ma force et ma cécité me venaient d’une foi intérieure et cette foi emportait la conversion de tout ce qui m’entourait, y compris les porteurs d’évidences qui, eux-mêmes, se sont vraisemblablement trouvés en porte-à-faux, sur le point de troquer leur vérité contre la mienne. Ce conflit, ce « brouillard » des sentiments ont engendré un espace virtuel dans lesquels prenaient forme, un à un, en bon ordre, tous mes fantasmes. Une fois encore, j’ai constaté à quel point les jeux de l’amour mettaient aux prises des protagonistes qui ne partent pas à armes égales et ne vont pas du même pas : l’un entraîne souvent l’autre dans sa féerie ou dans ses névroses.

J’ai sans nul doute mal compris l’être à qui j’avais affaire. J’ai négligé ce qui ne collait pas avec mes plans et l’ai conduit à entrer de gré ou de force dans mes projets, à mes conditions et à mon rythme. Elle n’était certes pas exempte de reproches, mais j’aurai dû rapidement comprendre que nous ne pourrions jamais vivre ensemble, que notre rapprochement était tout sauf durable. J’ai entretenu, par passion pour ce doux sentiment qui me berçait nuit et jour, le mirage d’un possible qui n’existait vraisemblablement pas, courant, comme un seul homme, à notre perte commune. Tout m’alertait pourtant, tout. J’ai tout ignoré, mettant sur le compte de puissances extérieures ce qui émanait du plus profond de la femme que je chérissais. En définitive, n’est-ce point mon amour qu’elle a aimé plus que moi ?

Bref, un matin, ou tard le soir, le voile tombe et la scène s’éclaire par le jeu froid et mécanique de la raison. A-t-on été sincère ? Certainement. A-t-on été honnête ? Jusqu’à un certain point. Le plus étrange c’est que l’on se dit, une fois revenu de cette fantastique aventure, qu’on ne peut aimer totalement éveillé. Je n’ai ni regret, ni amertume, ni ressentiment. Je suis fier d’avoir pu ressentir cette force intérieure qui nous élève au dessus de nous-mêmes, qui rend beaux et désirables certains actes de la vie qui, sinon, seraient seulement triviaux et nécessaires. J’espère ne pas avoir fait mal, ni mal fait, sachant qu’à nouveau, bientôt, mon âme solitaire se nouera à ce démon des Hommes qui gouverne leur vie par le truchement des rêves et du désir, cet angelot aux flèches de gros calibre, l’Amour.

La vie en quatre chapitres

Posted in perlespépites on 21 février 2009 by laviedesbetes

Un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir… Musique fantastique de Philip Glass et une photographie à couper le souffle. Contrairement à Mishima, je n’ai toujours pas trouvé mon Joker…

Le vers à moitié vain (LXXXIX)

Posted in bouteille à l'encre on 21 février 2009 by laviedesbetes

La Chute

Plongeon au soir
D’une vie de complexion
Fatale
Chute verticale
A l’aplomb sans souci
Du monde minéral
Chute vertébrale
Aux confins du Réel
Bien plus flou que les ombres
Plongeon sans voir
De la Terre à la Lune
L’arc en ciel invisible
Des solitudes

La vie est damnation d’une fleur
Aux pétales légers
A l’étroite corolle
Que froisse la bise
Qui n’existe pas.

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L’ange blessé

Sur l’oreiller des pleurs
Le visage d’un ange,
Les cheveux de soie noire
D’une princesse au lit.

La douleur est esprit
Qui s’empare des corps
Et soumet à son règne
Les cœurs les plus légers.

Des lèvres en amande
Ont capturé les mots
Que tu me destinais,
Tu es ta prisonnière !

Je t’aime et je t’attends
Par delà les montagnes,
Plus loin que l’horizon,
Je veille à ton chevet.

Chroniques du cirque (LXVI)

Posted in chroniques on 16 février 2009 by laviedesbetes

Chez …, à deux pas de la rue Bichat, samedi soir. Accoudé au comptoir, je sirotais mes bières en devisant aimablement avec Christophe, le patron, que je retrouvais après plusieurs années, toujours aussi drôle et attachant, tout en rondeur et en charme, l’œil pétillant et le geste précis. Autour de moi, une foule jeune et bruyante que tentait de dérider le brouhaha d’une sono débitant une house plutôt anémique et monotone. Un groupe de trentenaires, littéralement entassés les uns sur les autres, descendait sans coup férir des bouteilles de Dom Ruinart, tandis qu’à mes côtés, deux ou trois jeunes femmes, plutôt jolies, prenaient des poses d’Amazones afin d’éloigner les quelques mâles ruminants qui tentaient de s’en approcher. J’écoutais, séparé par un poteau salvateur, mon voisin de gauche débiter des salades sur l’art de déguster les vins, découvrant alors à quel point le métier de patron de bar pouvait exposer à des doses élevées de crétinerie docte. L’ambiance était à son comble dans la petite salle quand arrivèrent S. et C., en ballade sur Paris pour le week-end. Je savais à l’avance que j’aurais à jouer un rôle de ma composition pour donner le change, même si, depuis le début, je ne parvenais toujours pas à comprendre pourquoi ces deux-là s’étaient trouvés, avaient choisi d’unir leur destin, d’avoir des enfants, de beaux enfants de surcroît.

Je trinquais, un sourire faux aux lèvres. Je n’ai jamais beaucoup apprécié C., dépressive chronique aux perpétuelles sautes d’humeur, instable et caractérielle, ses histoires de famille bâties autour d’une mère abusive et d’un frère potiche, cette femme si malheureuse et complexée qu’on ne sait par quel bout l’aborder. Mon ami paraissait taciturne et contrarié, tentant d’obtenir de sa part un quelconque sursis pour que lui et moi puissions échanger quelques mots avant leur fuite, courue d’avance. Je nous revoyais tous les deux, la semaine précédente, lorsqu’il m’avait présenté une de ses collègues de travail, une charmante petite brune aux yeux noirs, qui depuis peu est devenu sa maîtresse, et me demandait une fois encore : « mais que fait-il avec une femme qui ne le rendra jamais heureux ? » J’épiais ses gestes de tendresse en me disant qu’une ombre de pitié flottait sur ces caresses furtives. Que d’hypocrisie et de frustration mêlées pour préserver des enfants, encore jeunes il est vrai, pour protéger un train de vie, modeste au demeurant, pour se ménager des instants de repos, aussi futiles et biaisés puissent-ils paraître, vus de l’extérieur. Complice je l’étais, sans nul doute, comme tous ses amis dans la confidence. Moi aussi j’avais vécu cette forme de tromperie collective, n’ayant jamais vraiment pu pardonner à M. et à ceux qui la couvraient cette traîtrise collective qu’est le portage de cornes en société.

Les vestiges du soir (le 16 décembre 1990)

Posted in archéologie on 15 février 2009 by laviedesbetes

J’imagine une révolution, une révolte plutôt, qui échouerait lamentablement, vaincue par l’arrogance bestiale des forces de l’ordre. Suivrait une répression bienveillante. Puis les droits de l’homme reprendraient le dessus, malgré les tâches de sang et les fissures, peu esthétiques certes, mais déjà promises à l’effacement rapide, mission de confiance dont se chargeraient les beaux parleurs de la télévision t des médias. Enfin, vêtu de neuf, fort comme jamais, le monstre officiel ferait sa rentrée, accompagnant son apparition d’un long discours qui parlerait de l’inévitable fin des séismes, exposerait le programme curatif et ses conséquences heureuses, faisant, pour conclure, l’apologie du bien commun, cette Paix qui, a tout prendre, vaut mieux que la mort.

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Page enfouie et qui aurait du le rester :

« Je naquis au mauvais moment et au mauvais endroit… Ce monde de labeur me débectait déjà, alors qu’enfant je rêvais à tout rompre. Les héros de la libre entreprise, leurs esclaves fonctionnels, nuée obèse de consommateurs aux abois maltraitaient mon âme, niaient la virilité de mes gènes. Un pseudo-droit apposait sur nos têtes, dès la naissance, une chape de plomb : nous étions libres de jouir, mais à des doses infimes.

Une devise ornait le fronton des écoles, décorait les murs ternes de nos habitations : « Soyez heureux ! ». La sinistre farce me fit rire, tout d’abord, avant que la mélancolie ne vînt, et ce dès l’adolescence. Ce qui me désolait le plus, c’était sans nul doute l’apathie des masses, l’aboulie du prolétariat. Ainsi, les pauvres eux-mêmes souscrivaient de leurs maigres désirs au plan social, ce fatras de loisirs stupides et d’images sous cellophane.

Quelques irréductibles osèrent franchir le Rubicon, mais à l’instar de Spartacus se bornèrent à caresser l’épaule du monstre. Les violences, aussi bêtes qu’aveugles, se firent chaque jour plus nombreuses à mesure que croissait la solitude des mutins. J’hésitais encore, englué dans la toile d’araignée des bonnes raisons bourgeoises. Dans les rues on tuait par dépit, on tuait avec soin, folie et prophylaxie résolues à en découdre. L’envie gagnait les cœurs fats comme le mien. Les plus vigoureux parmi les survivants – on avait déjà éliminé ou retourné les gros bataillons – se lancèrent à corps perdu dans le pillage, écaillant la corne d’abondance pour dévoiler le plomb de son architecture. En secret, j’admirais les justiciers poursuivant mes études avec succès. Les plus odieux s’en étaient pris à la source du pouvoir, menaçant le peuple de leurs foudres dérisoires… Ils avaient été balayés.

J’étais là, comme un con, à la croisée des chemins, priant pour le succès des rebelles et promu par un monde dégueulasse. La colère grondait en moi, mais ma lâcheté la fit taire, alors qu’on fusillait à coups de tranquillisants les ultimes desperados. J’eusse voulu crier ma haine de l’Etat, ma haine du système, ma haine de tout ce qui faisait l’ordinaire de nos vies… J’étais là, petit et vulnérable, embrigadé depuis toujours. Certes, je les emmerdais bien les démocrates du tourisme et du fric plein le nez. Je me moquais des simagrées de notre culte bouffon de l’Humanité et de notre sainte terreur de l’ordre moral… Le pire était encore à venir. Quand je découvris que tout me destinait aux plus hautes fonctions, aux magistratures suprêmes, que mes défauts me destinaient à choir inéluctablement du côté des vainqueurs, je voulus me brûler la cervelle en vue d’éviter une déchéance injuste. Comme par enchantement malsain, un repenti à la mise superbe, à l’œil fixe et aux mains moites, croisa mon chemin et me conduisit, en guise d’avant-goût de la sinécure, à un balcon d’où on pouvait, en toute sécurité, conspuer le monde. Il me montra ensuite son bureau, vaste et meublé dernier cri, m’invitant à y prendre place : j’hésitai une seconde, puis, m’asseyant, jetai dans la poubelle d’une chiquenaude mes ampoules de cyanure. Etait-ce donc cela la damnation ? ».

Mon indisposition générale ne date pas d’aujourd’hui ; c’est comme qui dirait, une constante.

just an illusion

Posted in videodrome on 12 février 2009 by laviedesbetes

La contine des cantines (LIV)

Posted in contines on 11 février 2009 by laviedesbetes

Nos avis ne tiennent qu’à un fil, celui, mouvant, ténu et fragile, auquel s’arrime l’idée fixe.

Et si l’être humain n’était, en définitive, qu’un animal souffrant de névrose, amnésique de surcroît ?

Choisit-on vraiment son style de vie ? Parfois tout porte à croire qu’au contraire c’est plutôt lui qui nous choisit en nous habillant des pieds à la tête d’un uniforme que l’on ne quitte plus, pas même dans l’intimité, comme une seconde peau.

La barrière des conditions ne facilite guère les possibles.

La déception amoureuse fait de nous la dupe de notre sentiment. Ainsi, en même temps que l’autre, en vient-on à douter de sa propre capacité de discernement, découvrant que sous un certain éclairage, ce qui nous semblait beau et désirable devient à la fois commun et hors de notre portée. L’amour ne serait-il pas à la source de la magnifique allégorie de la caverne ?

Si le jardin des délices pouvait avoir du lit conjugal les dimensions, les Hommes, ces vagabonds, se satisferaient sans coup férir de la vie domestique.

La pomme de discorde : le seul fruit qui pousse au pays de Caïn.

En définitive que nous proposent les religions révélées et la sagesse orientale ? Une version de l’indispensable manuel de savoir vivre à l’usage des mortels.

Quand on fait le bien, c’est le plus souvent par hasard.

Chroniques du cirque (LXV)

Posted in chroniques on 10 février 2009 by laviedesbetes

Courriel posté par un collègue malgache il y a moins d’une semaine :

Chers amis,

Cela fait déjà quelques mois que je n’ai plus donné de mes nouvelles…, et encore moins des nouvelles de mon pays.

Et voilà que Madagascar fait soudain parler de lui, « à cause » des évènements de ces derniers jours.

L’heure est grave dans la grande île, et la situation s’apparente à celles-là même qui justifient les mesures correspondant « aux circonstances exceptionnelles ».

Ici, tout va très vite et la situation ne cesse de se dégrader. Un climat d’insécurité règne sur toute l’île.

Le bras de fer oppose d’un côté, le Maire de la ville d’Antananarivo derrière lequel se sont désormais ralliées toutes les forces de l’opposition dans le pays, et de l’autre, le Président de la République et le gouvernement en place.

Au départ, des litiges avaient opposé la Commune urbaine de la capitale et les autorités centrales. Et puis, les revendications se sont focalisées sur la liberté d’expression (avec entre autres, la demande de réouverture d’une station de télé appartenant au maire et de toutes les autres stations qui ont été fermées par le régime en place), ensuite sur l’inopportunité de l’achat d’un nouvel avion présidentiel d’une valeur de 60 millions USD, et enfin sur un accord qui aurait été passé entre le régime en place et une société étrangère ( et qui –d’après les opposants – porterait atteinte à l’inaliénabilité du territoire malgache)…

Le 26 janvier dernier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté sur la place du 13 mai (la même place sur laquelle se sont déroulés les évènements de 2002 qui ont abouti à l’investiture de l’actuel Président de la république). Une partie de la foule s’est dirigée vers les sièges de la télévision et la radio nationale qui ont alors été saccagés et incendiés. Le même jour, la station MBS appartenant à la famille du Président a été incendiée, les centres commerciaux (« magro ») appartenant au Président ont été pillés et détruits dans toute l’île, et pendant toute la soirée, presque tous les grands centres commerciaux de la capitale ont été saccagés et pillés…

Le Président et le Maire de la capitale ont, chacun de leur côté, condamné le pillage et les actes de vandalisme.

Certaines sources affirment la mort d’au moins 200 personnes sur toute l’île…

Le corps diplomatique s’est prononcé en faveur du dialogue entre les acteurs politiques.

Les forces de l’ordre se trouvent actuellement dans une situation très délicate…

Le Maire de la capitale, avec l’appui de tous les opposants, s’est engagé pour diriger un gouvernement de transition…

Le Président de la République a déclaré qu’il est toujours le Chef de l’Etat…

……………………………………………..

Dans l’espoir d’un retour au calme, … d’une reconstruction dans un climat pacifique et « démocratique »…, Je vous adresse – à tous – mes salutations…

En passant, je vous souhaite une merveilleuse année 2009.

Sans commentaire.

Le vers à moitié vain (LXXXIX)

Posted in bouteille à l'encre on 8 février 2009 by laviedesbetes

Les yeux volent vers Toi…

Les yeux volent vers Toi,
O Père tout puissant
Yeux d’enfants, feux de joie
En nuages safran
Portés aux quatre-vents
Du royaume d’étoiles
Par un manteau d’argent
Caressant l’Innocent
De son baiser de soie.
Montent vers toi, O Père,
Ourlée de blanches voix,
La plus belle prière
Inspirée par la foi
Des cœurs purs. Souverain,
L’insigne du dédain
Ebouriffe les cimes
De sa traîne d’abîmes :
Ce manteau du Chaos
Est bien le dernier mot
Que tu consens aux fils
De l’Homme. Ton office,
Depuis la nuit des temps
Invente en chaque enfant
Un orpailleur des ruines
Qui recherche l’Hermine
Abandonnée aux pans
Du beau manteau d’argent.

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Mon Père,

Je viens à Toi nu et froid
Comme l’enfant mort de mes rêves
Je viens à Toi nu et froid
Et pourtant couvert de cicatrices
Pourtant dévoré par le feu
Que Ta volonté avait bouté en moi
Dans le buisson ardent du berceau
Où m’attendaient impatientes
Les angoisses sans nom
Et les nuits sans sommeil
Je viens à toi Mon Père sans colère
Ni arme à brandir sur Ton chef
Sans voix ni repentir
A déclamer en compliment
Car je n’attends rien
Je ne prétends à rien
Pas plus à la colère qu’à l’amour
Que je sais sans frein
Comme l’appétit qui m’a tenaillé
Je suis coupable et maintes fois jugé
Je suis innocent et maintes fois absous
Aussi pur qu’un secret éventé
Par la Grâce d’un ange bavard
J’ai connu le vice et l’horreur
Les petites joies que l’on ronge
De peur qu’elles ne se brisent
J’ai connu l’ennui et la paresse
Dont je suis l’éternel obligé
Ce corps offert à nouveau
Pour des plaisirs et des maux
Que l’on dit sans fin
Ce corps offert au pal ou à la Communion
M’a trompé deux fois déjà
Dans la floraison de l’instinct sans mémoire
Et quand une à une ont fondu
Les feuilles de l’arbre de vie
Ont glissé dans la tourbe noire
Les reliefs du festin de roi
Dont j’étais indigne
Mon âme ici-présente
Ayant goûté l’excès de Tes Dons
A succombé aux tentations de Ton Génie
Ni plus ni moins.

La division de la joie

Posted in perlespépites on 8 février 2009 by laviedesbetes

Après Control en 2007, l’excellent documentaire sur Joy Division de Grant Gee… A must see !

Nous sommes en 1979 et la musique rock prend une claque dont elle ne se remettra plus :