Archives de mars, 2009

C’est Mozart qu’on assassine (chouette !)

Posté dans videodrome le 28 mars 2009 par laviedesbetes

Acrostiche (IX)

Posté dans bouteille à l'encre le 28 mars 2009 par laviedesbetes

La muse amuse…

Amie des mots que j’ai, soufflant soupirs d’émois,
Mais aussi la musique aux accents guillerets,
Unie en toi les neuf, leurs talents aériens,
Sagesse, création, emportement joyeux,
Et la beauté fatale à toute tempérance.

Aime-moi comme on joue afin que pétulance,
Mais qu’aussi la chaleur élisent en nos yeux
Une demeure intime où naîtront, petits riens,
Sourire et gestes lents, mots doux énamourés,
Emaux en moi gravés… La Muse, amuse-moi !

Le vers à moitié vain (XCI)

Posté dans bouteille à l'encre le 26 mars 2009 par laviedesbetes

Micro sillon

Les petits pas font ceux à la feinte froideur
Que nimbe l’apathie d’un air de demi-tour,
Mais qui, par maints calculs, empruntant maints détours,
Vont de l’avant, en crabe, évitant toute ardeur.
Les petits pas font ceux à la tue ambition
Qui prospère et qui rampe et ne fait pas florès,
Pourtant, se pourrait-il qu’invisible et sans presse,
Elle emporte à son but l’esprit, for la passion.

Est-il des volontés sans mot sinon sourdine
Aux désirs assagis, aux rêves qu’un surmoi
Prémunit de l’excès, rabotant les émois,
Les pilant tout menu pour faire une farine.
Est-il des volontés à la lente morsure
Au poison sirupeux, aussi doux à l’usure,
Qui le mal en patience ont pris pour habitude,
Allant petitement, pas à pas attitude ?

Saut de puce ?

Posté dans iconographe le 22 mars 2009 par laviedesbetes

eisbaeren

Le Livre des lectures (XXVII)

Posté dans citations le 22 mars 2009 par laviedesbetes

"Art – coquille blanche dans une cuvette d’eau."

"Couleur – quand les couleurs n’auront plus aucun éclat, l’oeil ira voir l’oreille."

"Erotisme – cérémonie fastueuse dans un souterrain."

"Parapluie – oiseau bleu devenu noir."

"Raison – nuage mangé par la lune."

"Tentation – pommiers en fleurs qui se répètent à l’infini."

André BRETON/Paul ELUARD, Dictionnaire abrégé du Surréalisme

"Sans contrainte, il n’est pas de progrès. Attraction et Répulsion, Raison et Energie, Amour et Haine, sont nécessaires à l’existence de l’homme."

William BLAKE, Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

"Le cours du temps    disaient-ils
Le temps qui coule    où je m’abîme
Le temps qui glisse    vers où va-t-il ?
As-tu cru voir    passer le temps ?"

"Que fait le temps ?      Il passe il passe      Il passe son temps à brouiller nos traces      Mais parfois soudain le temps fait grâce      ralentit le pas un doigt sur la bouche     pour qu’on le dépasse     et voici qu’on reste   un si bref instant    en amont du cours     en avant du temps"

Claude ROY, Sais-tu Si Nous Sommes Encore Loin de la Mer ?

Chroniques du cirque (LXIX)

Posté dans chroniques le 20 mars 2009 par laviedesbetes

Mercredi soir, à l’issue d’une de ces journées de travail qui me laissent sans force, sans appétit, sans la moindre envie sinon celle de me lover dans mon épais duvet, j’ai arpenté les quais de Seine, profitant de la douceur printanière pour évacuer de mon encéphale les miasmes nerveux du bureaucrate. Abreuvé de lueurs apaisantes que laissaient filtrer les lampadaires et les vitrines des boutiques, j’ai glissé lentement vers le Pont des Arts où je suis resté de longues minutes accoudé au garde-fou observant tour à tour le grand fleuve parcouru par les embarcations et les rares passants, pour la plupart confortablement installés sur les bancs ou le tablier de bois.

Il faisait particulièrement doux et je sentais sur mon visage la caresse agréable de l’air, comme si l’hiver avait brusquement abandonné nos parages pour des contrées plus lointaines, vers le septentrion. Je me sentais particulièrement bien, et ce malgré la fatigue lancinante, malgré ce mal de crâne qui m’assaille maintenant dès que je tire un peu sur la capacité de mes neurones. Je ressens désormais, au sens propre, leur surchauffe ! J’ai remarqué alors combien Paris était calme en ce début de soirée, ses rues presque désertes et ses longs trottoirs dégagés à perte de vue. Ici, sur le pont, de jeunes couples ou de petits groupes d’amis dînaient d’un sandwich, débouchant aussi une bouteille de vin pour remplir des gobelets en plastique d’un blanc immaculé. J’enviais leur joie simple et la complicité qui semblait unir, les uns aux autres, ces hommes et ces femmes. Comme si l’obscurité naissante incitait au repliement, pas un cri, pas un éclat de rire, pas une voix pour venir perturber ce tableau presque champêtre… J’ai dû soupirer d’aise, une ou deux fois, me tournant vers le sillon noir de la Seine où défilait l’ombre interminable d’une péniche à la coque creuse et nue. Longtemps j’ai contemplé le sillon de sa poupe dans l’eau agitée de vaguelettes et séparée en deux par le sillage du navire.

J’ai repris mon chemin en traversant la Cour Carrée du Louvre ou moins d’une dizaine de personnes se trouvaient, contemplant comme je le faisais aussi les rangées de guirlandes électriques qui décorent les corniches des façades. Etrangement, la rue de Rivoli m’a semblé calme, même si j’ai préféré couper par les petites ruelles qui la séparent du quai de Mégisserie, où l’on mange si bien, avant que de rejoindre la place du Châtelet où furètent inlassablement ceux qui attendent leur rendez-vous du soir. Une rame toute prête m’attendait… six pieds sous terre.

le tourbillon de la vrille

Posté dans iconographe le 20 mars 2009 par laviedesbetes

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Chroniques du cirque (LXVIII)

Posté dans chroniques le 18 mars 2009 par laviedesbetes

Dernier courriel de notre collègue de Madagascar :

"Chers tous,

J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur du fait que je n’arrive pas à répondre à chacun de vos messages – même si, en réalité, je voudrais vraiment le faire, ne serait-ce que pour vous témoigner ma reconnaissance…; vos messages sont tellement encourageants…

Depuis mon dernier message intitulé "appel de la conscience", beaucoup de choses ont changé. A mon sens, la mutinerie au sein de l’armée – à la suite des évènements que je vous ai racontés la dernière fois – a provoqué un basculement de la situation.

En cours de journée, Monsieur Marc Ravalomanana a conféré les pouvoirs à un directoire militaire (conduit par l’officier général le plus gradé au sein de l’armée). Mais dès l’annonce de cette décision (prise par voie d’ordonnance), la tension est montée d’un cran étant donné que l’Etat-major général de l’armée et les opposants ont immédiatement manifesté leur désapprobation.
Ce soir, vers 21h (GMT+3) Les membres du directoire militaire ont conféré le pouvoir à Monsieur Andry Rajoelina qui, en principe, est censé diriger une Haute autorité de transition (HAT)….

…. Est-ce-que la crise touche à sa fin…? Je ne suis vraiment pas en mesure de répondre à cette question (j’espère que "oui")

Bonne soirée, ou bonne journée à tous.

Amitiés,"

Les souvenirs d’Ulad (XI)

Posté dans Eire le 15 mars 2009 par laviedesbetes

Avant Samaïn

En Ulad, pour la fête, une assemblée brouillonne
Aux guerriers turbulents : d’aucuns content l’exploit
Contre un géant balourd armé d’un tronc noueux,
D’autres disent encor qu’ils ont vu un taureau
Aux cornes effilées, aux naseaux fulminant.

Mais ceux que l’on écoute, autour de qui silence
Autant que méfiance ont fait cesser tapage,
Sont les plus courageux, rutilants et parés
Pour la joute des mots, après celle des lames :
Chacun sait qu’il faudra enrichir les annales !

Autour des feux de camp où les regards brillants
Echangent leurs défis, l’Ancien interpelle
Un fougueux jouvenceau au pochon bien rempli.
« Qu’apportes-tu ici, pendu à ta ceinture ?
Des preuves de bravoure ou bien ta fourberie ? »

L’orgueil piqué, joues cramoisies, le sang frais dit :
« Je dois à ton grand âge un respect scrupuleux,
Mais saches que je suis celui qui a défait
Une troupe entière de guerriers du Connacht. »
Alors, chacun regarde et le sac et l’épée.

Car il est dit qu’untel a devoir de prouver
Ce qu’il avance ici en présentant les langues
De ceux qu’il a occis. Et s’il ment, s’il mélange
Aux appendices morts, ceux de quelques porcins,
Le ridicule aura raison de son honneur.

Quant à l’épée posée sur les genoux à plat,
Ne doit-elle pas bouger, sinon l’on sait que l’homme
A menti sur sa foi, car l’arme est au guerrier
Une âme vertueuse ! Aujourd’hui, nul ne voit
Tressaillir le métal, parce qu’un cri se fait :

« Oyez braves soudards ! Conchobar vous convie
A Tara l’immortelle où nous irons ensemble ! »
Le héraut du monarque, à la voix de stentor,
Ajoute en un seul souffle : « élu sera le Roi
De toutes les contrées, le seul Roi de l’Irlande ! ».

Le vers à moitié vain (XC)

Posté dans bouteille à l'encre le 14 mars 2009 par laviedesbetes

Où s’interrompt la terre arrive un autre monde
Auquel s’allient mouette et le fou de Bassan :
Ici, la lande meurt quand plongent les brisants
Appelés par des flots qui s’ouvrent à leur sonde.

Dressées comme un à pic, les pointes du récif
Guettent depuis toujours la coque de l’esquif
Qui viendra rappeler combien est éphémère
L’emprise du marin sur l’onde élémentaire.

Dans la baie, le fracas trépassé d’une lame
En réponse aux pleurs ébouriffés d’une femme
A qui la mer a pris les baisers d’un amant :
La vague aux naufragés fait un enterrement.

Le rocher de granite est la proue du navire
Qui pourfend la tempête en tronçons écumants,
Sur les créneaux du raz, le cortège des ans,
Les morts et les vivants n’en finit plus d’unir.

**********

Un croissant de plage au creux de la main
Qui dessine les vents du large et glisse
Au fond de sa poche une plume lisse,
Un croissant de plage apaise la faim
De l’enfant-roi des Limbes. Des paquets d’eau
S’enroulent en nœuds-coulant vers la grève,
Froissant les pages du livre des rêves,
Dans les parages du livre d’émaux.
La trace d’un pas sur le sable gris,
Effacée bientôt par l’écume blanche,
Aligne vingt ans sur la nappe blanche
Comme une levée de fin de partie.

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