Archives de avril, 2009

All of your nothings…

Posté dans videodrome le 30 avril 2009 par laviedesbetes
Have pity for the dead
Sleep has his house

And so all of your suffering
And all of your pain
All of your pleasures
And all of your gain
All of your losses
All of your pastures
All of your plains
All of your fields
All of your bodies
All of your joys
All of your countries
All of your flags
And all of your waters
All of your tunnels
All of your worlds
All of your seahorses
All of your breasts
All of your beasts
All of your dustmotes
All of your colours
All of your troubles
All of your rains
All of your comets
All of your moons
All of your birds
All of your rents
All of your marvels
All of your winds
And all of your nothings
All of your everythings
All of your gods
All of your angels
All of your masters
All of your slaves
All of your islands
All of your waves
All of your machines
All of your dreams
All of your laws
All of your loves
And all of the dead
Have pity for the dead
And sleep has his house
Sleep has his house
Overwhelm me
Overwhelm me
Forever
Forever
Sleep has his house

Live At Saint Olave’s Church

Les vestiges du soir (21 août 2007)

Posté dans archéologie le 30 avril 2009 par laviedesbetes

Contrairement à la plupart de mes contemporains, je ne crois pas que nos routes soient tracées, qu’elles répondent à un quelconque dessein accessible à une intelligence humaine, ou alors dans un sens très restreint, inutile : l’Homme reste une créature finie et, à cette finitude, tout revient invariablement… Rares sont ceux d’entre nous, hormis ces êtres d’exception dont parle si bien Gracq dans son Beau Ténébreux, qui échappent aux accidents, à la combinaison aléatoire des faits, aux événements divers qui s’imbriquent pour conduire nos vies dans une direction ou bien une autre… Si l’on accorde tant soit peu d’intérêt à la distance, parfois courte, qui sépare notre naissance de notre fin, ce qui frappe, selon moi, c’est le principe d’incertitude, les multiples contingences, les faisceaux de causalité qui agissent en nous, sur nous. Cet agrégat disparate constitue bel et bien le matériau premier de la plupart des biographies, conditionnant en grande partie les êtres qui nous entourent et que nous chérissons. Peu d’espace et pour la volonté – malgré tout ce qu’en dit Nietzsche – et pour la destinée – du fatum des romains à la prédestination des calvinistes…. Tout me paraît, en définitive, ouvert et incertain dans l’existence (« la nature est inventive » dit si justement Rémy) : ainsi, je ne peux ni me résoudre à renoncer à la liberté (la volonté, même impuissante ou bornée, demeure le principe actif de celle-ci), ni me départir d’un certain scepticisme (nos expériences, bonnes ou mauvaises, agréables ou douloureuses, sont souvent le fruit du hasard), ni perdre totalement la foi (le Destin m’apparaît comme l’idéal suprême). Bref, en ces temps de mélange et de flou, de dilution et d’oubli, d’improbable conduite par l’Homme de sa « destinée », je ne peux être ni catégorique, ni dogmatique, naviguant tout bonnement à vue… J’admets ne pas savoir si mes modestes recherches de la « voie bonne » – ma voie, celle qui répondrait à une nature ou découlerait d’une décision (cela ne revient-il pas au même ?) seront couronnées de succès. Mais l’homme vaniteux que je suis ne peut s’empêcher de chercher, de s’interroger, de vivre au crochet de ce mince espoir qu’une réponse, et une seule, existe…

Colis maçonnique

Posté dans iconographe le 25 avril 2009 par laviedesbetes

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Chroniques du cirque (LXXI)

Posté dans chroniques le 24 avril 2009 par laviedesbetes

Mardi, déjeuner à Bercy Village avec Corinne que je revoyais pour la première fois depuis trois ans, mais avec qui j’avais eu, durant cette longue parenthèse, quelques échanges épistolaires qui nous rappelaient l’un à l’autre combien avaient été agréables ces quelques instants passés ensemble à la terrasse d’un café ou à la table d’un restaurant, quand, sous prétexte de discussions professionnelles, nous participions, plus ou moins consciemment, à une sorte de jeu de séduction à base de regards appuyés ou de longs silences, suscités parfois par le frôlement involontaire de nos doigts et celui, qui l’était moins, de nos jambes.

Toujours aussi élégante et svelte, elle m’accueillit avec ce léger sourire que j’aime tant, un sourire qui vient perturber son délicat visage portant comme un gant le masque du sérieux. C’est à table, sous le doux soleil de printemps, que je sentis que quelque chose ne tournait pas rond. Je trouvai mon amie soucieuse, comme si une ombre, presque palpable, se fut installée entre elle et moi, l’empêchant de savourer nos retrouvailles, l’empêchant même de profiter de la douceur du jour. J’avais en tête l’émotion intense que nous avions ressentie l’un l’autre cet après-midi là, rue de Rennes, lorsque nos lèvres s’étaient furtivement unies et la gêne qui, ensuite, s’était emparée de nous. Je l’observai attentivement, tentant de lire dans ses beaux yeux clairs ourlés de longs cils, les motifs de cette moue persistante. « Je suis très fatiguée en ce moment » me répondit-elle lorsque je l’interrogeai directement, « j’ai quelques petits soucis de santé qu’il me faut régler ». Puis nous parlâmes de nos métiers respectifs, de nos projets, de nos enfants. Je devinai à quel point elle avait dû ronger son frein ces dernières années, elle si dynamique et performante, mais limitée dans ses ambitions légitimes par un temps partiel auquel, pourtant, elle n’a jamais renoncé, préférant différer certaines promotions plutôt que de confier son petit garçon aux soins d’un tiers.

Tandis que nous devisions, je me laissais bercer par le son de sa petite voix fluette, presque enfantine, à la tonalité que j’accueillais jadis avec joie lorsqu’elle m’appelait au bureau pour me poser une kyrielle de questions toutes plus complexes les unes que les autres, pour me faire part de demandes auxquelles il m’était interdit de surseoir tant elles étaient, à ses yeux bien sûr, de la plus extrême importance. Parfois, répondais-je par un long silence, trahissant alors la profondeur, sinon de ma réflexion, du moins de ma rêverie ! Corinne est une femme dont lentement je m’étais épris, pour laquelle je ressentais une immense tendresse ainsi qu’un puissant désir. Nous n’eussions pas été et l’un et l’autre engagés que nos vies se seraient immanquablement liées l’une à l’autre.

Au moment de partir, au sommet du grand escalator, je la regardai intensément en lui demandant à nouveau si tout allait bien. Soudain, elle avança sa main, me touchant l’extrémité du coude et répondit : « je dois me faire opérer bientôt, mais n’aies pas peur, il n’y a rien de grave ». Je sentis ma gorge se serrer, mais n’osai poser d’autre question. Souriante, elle m’embrassa et nos chemins se séparèrent.

La contine des cantines (LVIII)

Posté dans contines le 24 avril 2009 par laviedesbetes

La femme, vase d’expansion des humeurs masculines.

Les relations entre les sexes résultent d’un long processus d’édification auxquelles toutes les civilisations se sont livrées de concert. Il vise à cantonner les instincts, à discipliner les appétits, à rendre possible la cohabitation durable de l’homme et de la femme. Bridant le principe anarchique qui régit les comportements du mâle, les sociétés humaines ont ouvert la femelle à une dimension de l’existence qui l’affranchit, en partie du moins, de la répétition propre aux cycles vitaux.

Il faut côtoyer les exemplaires du genre humain pour découvrir à quel point le moule dont nous sommes tirés possède de fractures et d’imperfections, combien sont nombreuses les scories qui se mélangent à la matière d’œuvre dont nous sommes constitués et toute la complexité du processus d’assemblage qui relève davantage, me semble-t-il, de l’artisanat que de la fabrication à la chaîne.

Nous demeurons interchangeables : tel est le principe qui sous-tend la doctrine de la réincarnation.

A tous points de vue, la femme endurcit l’homme.

Se défier des mœurs qui n’ont pour fonction que de rendre manifeste aux Hommes leur servilité.

Jésus, en ce qu’il est mort pour rien, nous ressemble un peu.

Pour vivre sans béquilles, il faudrait pouvoir détruire l’échafaudage des compromis, quitte à déchoir, quitte à n’être qu’un vermisseau croupissant au pied du Léviathan social.

Apprendre à l’enfant à tuer son père, ne serait-ce que pour justifier celui-ci dans son rôle.

Tous autant que nous sommes recelons des secrets que rien, jamais, n’éventera.

En société, nous ne partageons que de simples surfaces de contact.

Zeni Geva (Les instants chavirés, le 18 avril 2009)

Posté dans Le goût du bruit le 19 avril 2009 par laviedesbetes

J’avais raté le groupe il y a cinq ans lors de son dernier passage et le concert de l’an passé avait été annulé à la dernière minute. Il me fallait remonter à plus d’une dizaine d’années pour pouvoir évoquer le souvenir d’un concert chaotique dans la même petite salle biscornue, prestation d’ailleurs émaillée d’incidents et passablement écourtée après que K.K. Null eut balancé un coup de guitare à un spectateur excité qui l’avait bousculé à plusieurs reprises. Zeni Geva était donc de retour aux Instants Chavirés, salle à la programmation éclectique et quelque peu avant-gardiste. Public nombreux et branché, dont les représentants incontournables de la presse magazine et des webzines pour qui l’inévitable tour de salle ressemblait à l’entrée en scène d’un homme politique lors d’un meeting électoral : serrage de mains et de pompes oblige !

En première partie, un groupe dont l’art premier consistait à ne faire strictement que du bruit, et ce pendant près de quarante minutes ininterrompues durant lesquelles deux guitares et une batterie délivrèrent une bouillie sonore largement inspirée – sans la maîtrise technique – du free jazz, mêlant moments intenses et brouillons à des plages plus intimistes durant lesquelles on entendait le batteur, qui conservait les yeux obstinément clos, grommeler des airs inaudibles. On eut dit que Stuckometer jouait en boucle le final, aussi fameux que bordélique, de « The End » des Doors. Beaucoup furent soulagés quand le trio cessa son vacarme.

Je me rendis compte que j’avais échangé quelques mots avec Mitsuru Tabata lors de l’arrivée des musiciens sur scène. Ce dernier, en effet, était appointé hier soir au merchandising du groupe. Les morceaux de 10,000 Ligth Years, excellent album produit par Steve Albini, formaient l’armature du set qui comportait aussi quelques inusables standard tels que « Dead Sun Rising » ou encore « Slam King » (au final heureusement raccourci !). Zeni Geva déchaîna l’enthousiasme de la petite salle remplie comme un œuf en enchaînant ses morceaux violents, baroques, truffés de breaks hallucinants qui caractérisent son style venimeux : ainsi, s’infiltre lentement le poison du rythme qui produit, nonobstant la claque du départ et un peu à la façon d’un psychotrope léger, des effets inattendus de légèreté et de bien être. Le jeu du batteur fut pour beaucoup dans la grande qualité du concert : Tatsuya Yoshida, sans sembler forcer le moins du monde, délivrait un jeu puissant et nuancé, techniquement précis, qui venait combler les interstices laissés libres par les riffs syncopés des compères Null et Tabata. Heureux d’avoir pu revoir ces monstres sacrés de l’underground japonais, aussi affables et gentils qu’inaccessible paraît leur musique.zenigeva2009

http://www.instantschavires.com/

Flavius Claudius Julianus

Posté dans iconographe le 18 avril 2009 par laviedesbetes

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Julien dit "l’Apostat"

Les souvenirs d’Ulad (XII)

Posté dans Eire le 18 avril 2009 par laviedesbetes

La pliure des mondes

La fête à l’autre monde assemble les curieux,
Guerriers de l’outre tombe ou bien nymphes boudeuses,
Chacun se dit « pourquoi n’irais-je pas heureux,
Visiter les confins, rire à la face ombreuse ?
»

Ici-bas, les humains qui ont chassé les dieux,
Au delà, les sidés sur des îles nimbées
De corolles d’azur, aux récifs en épieu
Où l’on ne va sans peur, que l’on voudrait courber.

Un seul jour dans l’année pour ouvrir une porte
Et rêver, d’un seul coup, toutes les vies possibles.
Un seul jour pour que Lug puisse encor, l’âme forte,
Aimer la jouvencelle et la bientôt voir morte.

Nul ne sait plus vraiment, s’il vivra, s’il mourra
A la seconde près, à l’issue de maints lustres,
Mais il est dit qu’humain, à l’appétit trop frustre
Effraie ce dieu qui sent qu’un jour il l’oubliera !

La contine des cantines (LVII)

Posté dans contines le 17 avril 2009 par laviedesbetes

A ceux qui ont fait le deuil de l’action reste… la masturbation. L’écriture fait évidemment partie du genre masturbatoire, en France notamment.

La paix intérieure : enjeu de la guerre totale que se livrent l’instinct et la volonté, sans que l’on sache vraiment ce qui, de l’accomplissement ou de l’assouvissement, procure la moins illusoire des trêves…

Le monde : quatre murs que l’esprit repousse à l’infini.

La poésie n’est-elle autre chose que la saignée des âmes ?

« Tu ne tueras point ! » disait le bourreau à son fils.

L’anéantissement n’est rien d’autre qu’un idéal auquel souscrivent ceux dont l’assurance-mort prévoit la liquidation totale et des biens et des personnes, et ce en réparation des sinistres subis aussi bien que causés.

L’amitié la plus sincère ne relie jamais que deux abyssales solitudes.

Sans les préjugés, nous demeurerions sans force, incapables tout autant de conjecturer que d’agir, condamnés à la sagesse de ces statues grecques oublieuses de leurs antiques modèles, aussi débiles et impuissantes qu’elles sont intemporelles et muettes.

Manu Le Malin (dans la rue, 21 juin 2007)

Posté dans Le goût du bruit le 15 avril 2009 par laviedesbetes

Fête de la musique : par un coup de chance extraordinaire, alors que je fendais la foule amassée dans une ruelle à quelques encablures de Beaubourg, j’ai assisté à l’un des événements importants de la soirée branchée, une prestation du plus mystérieux des DJ français, Manu le Malin. Un son sec, métallique, sur des tempos rapides qui s’enchaînaient à la perfection. Autour de moi, l’ambiance commençaient à s’échauffer, plusieurs jeunes danseurs ayant déplacé tables et bancs du bistrot voisin pour grimper dessus. Beaucoup de cris, une ferveur qui frisait l’hystérie, tant les habitués des raves et autres soirées techno attendaient du maître une sorte d’exploit surnaturel. Aussi furent-ils déçus, ceux qui attendaient un set hardcore frisant les 200 bpm ou encore une démonstration jungle truffée de breaks et d’accélérations : mêlant l’electro indus et ses percussions martiales presque rock, aux mélodies et aux voix afro de la house, MLM mixa sur des titres qui rappelaient davantage les excellents Franz & Shape que ses compilations, désormais cultes, "Biomechanik".

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