Archive pour mai, 2009

“Les boss du CE1-CE2″

Posted in Non classé on 30 mai 2009 by laviedesbetes

Une histoire par Julien :

Un voleur vole une voiture.
Les flics arrivent et le mettent en prison.
Mais le voleur s’enfuit et tue tout le monde sauf un petit qui était resté là.
Le voleur a voulu le tuer aussi, mais le petit l’a mis par terre et lui a dit : “ceinture noire de karaté !”

Kool thing ? I don’t think so…

Posted in videodrome on 24 mai 2009 by laviedesbetes

Les souvenirs d’Ulad (XIII)

Posted in Eire on 23 mai 2009 by laviedesbetes

L’Irlande se choisit un roi…

Près de l’âtre, au milieu des siens, engourdi
Par le sort jeté, vaincu par une maladie
Aux relents de l’orgueil, le Héros somnole.
Sur son front moite, hanté de gloriole,
Une main fine et le regard pesant de son fils.

Lune après lune, elle reste à ses côtés,
Jour après jour, prend-il de ses nouvelles,
Et la maîtresse avoue que l’aisselle
Est brûlante, que nulle nouveauté
N’est advenue pour rompre le maléfice.

Ensemble, ils refont le récit de la chasse,
Revivant près du lit la rencontre et le songe
Qui ont mené cet homme coriace
A n’être qu’une bête sous la longe
D’une puissance à l’insigne malice.

Tandis qu’ils devisent, chuchotant,
L’apparat d’une cour, chars en tête
Et chiens huant tout autour, faisant fête
Aux nobles de l’Irlande, chahutant
Comme il se doit, parlant joute, rêvant lice.

C’est une bousculade, un grand chambardement,
Quand ils entrent à la suite du roi Conchobar
Les druides aux barbes drues et les devins aussi,
Et pour sceller l’instant, les bardes un peu jobards,
Cherchant un signe, avides des preuves d’une prophétie !

Sans se préoccuper de celui qui, étourdiment,
A provoqué les dieux et qui gît pantelant,
Découvrant à la taille l’insigne rutilant
D’une élection : « les deux ceintures rouges ! »
Disent-ils presque en cœur, sans qu’un ne bouge.

Le monarque d’Ulad s’écrie : « il est là l’imminent
Roi de toute l’île, Lugaïd, que tout désigne,
Que tout entraîne vers Tara l’immortelle
Où l’on amène dans un char le plus digne
Des chefs, pour que paix règne, éternelle !
»

Tous opinent, tous jurent, tous font le serment
De conduire sain et sauf le jeune homme…
Le malade, soutenu par sa mie, s’est redressé,
Toisant la ronde des gentilhommes
Où se dit que Cuchulain est terrassé.

« Mon fils, il est dit que tu seras roi des rois !
N’oublie pas de ton père les conseils :
Sois sans bruit ni fureur, ne joue pas les bouffons
Qui se gonflent d’orgueil, fie-toi à tes pareils,
Ne maltraite personne, ne sois pas fanfaron
. »

Reprenant son souffle, le héros perçoit
Quelque ironique rumeur, mais n’y prête guère :
« Avisé et sage tu seras, probe et généreux,
Cédant à la raison, évitant la colère
Comme la peste, et le désir dangereux.
»

S’enfle le brouhaha à tel point que sa voix
Désormais tonne entre les murs : « sois, mon fils,
Le plus noble support de la justice
Et ne maltraite pas les faibles et les vieux,
Du bien d’autrui, de sa femme, ne sois pas l’envieux.
»

Et c’est un pouffement à l’instant où le roi
Jure à son père de se conformer en tous points
A ses commandements. Chacun se pince les lèvres,
Tous prient pour que le Chien ne voie point
L’ironie des plus grands pour l’enfant et sa fièvre.

La contine des cantines (LIX)

Posted in contines on 21 mai 2009 by laviedesbetes

Liberté : ce mot, campé sur ses positions, évente toutes mes tentatives de définition. J’en perçois seulement l’ombre narquoise.

J’ai grand-peur que l’être humain se soit fourvoyé depuis fort longtemps, du jour où il a cru, dur comme fer, que le monde était à la mesure de ses ambitions et de ses fautes.

Economie, médecine, technologie… de bien pauvres prétextes lorsqu’on tend aux limites de l’Univers ou que l’on plonge aux tréfonds de l’invisible.

La vérité est une intention de métaphysicien, d’où l’incompréhension butée du légiste et du savant.

Dans les laboratoires surdimensionnés du savoir, des hommes démontent avec acharnement les rouages supposés du sens commun, ce langage rétrograde du qui veut que…

A voir les peuples, on s’étonne encore qu’ils ne fassent pas plus fréquemment l’objet d’expériences tant l’instrument trouverait chez eux de zones d’ombre à pénétrer… de force si besoin était.

L’idéalisme en science est un vain mot : sitôt franchi l’ultime obstacle technique, on sait alors que tout est possible.

La modernité ne sonnerait-elle pas l’ère des bossus quand on observe que nos sorciers, à l’abri dans leur cabinet de travail, préparent non point un mélange inédit mais une sale mixture ?

Avis de tempête ?

Posted in perlespépites on 18 mai 2009 by laviedesbetes

Je suis un fan de Cab Calloway. Quant aux Nicholas Brothers, n’essayez surtout pas de les imiter dans votre cuisine… ou ailleurs !

Chroniques du cirque (LXXIII)

Posted in chroniques on 17 mai 2009 by laviedesbetes

Le cocktail de mariage avait lieu au très select Cercle de l’Union interalliée, sis rue du Faubourg Saint-Honoré, où ne pénètrent d’ordinaire que les membres appointés. Dans la grande cour d’honneur quelques voitures de luxe et un portier pour vous indiquer la direction du vestiaire… Cécile était resplendissante, vêtue d’une jolie robe crème à encolure doublée qui mettait en valeur son décolleté vertigineux. J’entrai dans un des grands salons du rez-de-chaussée aux murs et au plafond couverts de moulures à l’antique et où trônait, suspendu de tout son poids, un énorme lustre à pampilles de cristal. Les invités se saluaient avec une politesse affectée conscients qu’ils devaient adapter à ce lieu de prestige leur mise et leur maintien. Je trouvai Rémy en pleine conversation avec des amis qu’il quitta pour m’accueillir à mon tour, ce dont je fus particulièrement flatté. Il était en bien meilleure forme que lors de nos dernières rencontres, ayant repris du poids et perdu ce teint cireux qui ne laissait de m’inquiéter. Dans un coin du salon quatre jeunes musiciens, rencontrés par Cécile dans un bar du quartier latin, jouaient des airs de jazz manouche et new orleans.
 
Je découvris, non loin, Brigitte, mon ancienne adjointe, que je n’avais plus revue depuis des années et dont le mari a été récemment emporté par un cancer fulgurant. Elle me confia son désarroi face aux complications administratives que lui ont valu ses tentatives pour faire inhumer la dépouille de son conjoint, enterré dans l’immense cimetière de Pantin, non loin de chez elle dans le 15ème arrondissement. R.G. et Karine arrivèrent tandis que des anciens collègues et moi tentions de profiter, dans l’air frais et sous un ciel de plomb, du magnifique jardin de l’ancien hôtel Henri de Rothchild. Je retrouvai mon ami tel qu’en lui-même, souriant et plein de charme, ayant épinglé au revers de son veston le ruban violet des palmes académiques. Nadia, enfin, notre comparse du séjour strasbourgeois, fit une entrée dans son style rien moins que discret, un téléphone portable rivé à l’oreille tandis qu’elle me donnait l’accolade… Longuement parlé avec les parents de Cécile que je voyais pour la première fois. Evidemment, nous avions entendu parler les uns des autres depuis des lustres, ce qui créa rapidement entre nous une forme surprenante d’intimité.

J’interrogeai R.G. sur la venue de J-J. et d’O. quand ceux-ci, fendant l’assemblée, vinrent se jeter dans nos bras : J-J., très en retard, un peu énervé, avait confondu la rue Saint-Honoré avec celle du Faubourg Saint-Honoré, s’étonnant presque d’arriver aux Halles… à l’entrée d’un restaurant chinois ! Une fois encore, à l’occasion d’une discussion avec O., j’observai à quel point cette jolie femme, aimable, drôle et d’ordinaire pleine de bon sens, pouvait être agaçante, autant que désarmante, dans son obstination à vouloir imposer ses vues alors que de toute évidence elle n’entendait rien au thème de la conversation que nous avions tous les deux avec une haut fonctionnaire de la Cour des comptes. Cette dernière, en définitive, dut admettre quelle ne comprenait guère les questions d’O., ce qui d’ailleurs ne parut pas gêner celle-ci le moins du monde… Je fus soulagé lorsque nous pûmes rompre cet échange qui virait ostensiblement à l’eau de boudin.

Nous quittâmes les lieux assez tôt, traversant des salons où vivotaient, affalés dans de confortables divans, la plupart des invités, pour rejoindre le 12ème arrondissement et l’appartement douillet de R.G. et Karine. En chemin, je discutais avec S., la femme de T., un ancien collaborateur de Cécile, que je retrouvais aussi jolie et fraîche, si ce n’est sa taille légèrement plus marquée que par le passé, des hanches qui contrastaient avec ses jambes toutes fines. Je n’osais trop croiser son regard, me rappelant avec précision d’une autre soirée, bien arrosée celle-là, où nous avions eu quelques rapprochements peu convenables elle et moi. J’étais allé, à l’époque, jusqu’à caresser sa cheville dans leur voiture alors que T. me ramenait gentiment chez moi… Toute honte bue, je m’étais juré dès le lendemain d’arrêter de me comporter comme un salaud d’ivrogne !

Le livre des lectures (XXVIII)

Posted in citations on 14 mai 2009 by laviedesbetes

“La créature et le créateur s’unissent en l’homme. L’homme est matière, fragment, superflu, glaise, fange, non-sens, chaos ; mais l’homme est aussi créateur, sculpteur, dur marteau, spectateur divin et repos du septième jour : comprenez-vous cette différence ?”

Friedrich Nietzsche, Par delà le Bien et le Mal

“Il nait beaucoup trop d’humains : pour ceux qui sont en trop, on a inventé l’Etat.”

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

“La vie du chrétien finit par être tout entière la vie dont le Christ enseignait qu’il fallait se séparer.”

Friedrich Nietzsche, La Volonté de Puissance

“Le boudhisme ne promet pas, il tient ; le christianisme promet tout, mais il ne tient rien.”

“Dans le ton avec lequel un martyr jette à la tête du monde sa certitude s’exprime déjà un si bas degré de rectitude intellectuelle devant le problème “vérité”, qu’un martyr ne vaut jamais la peine qu’on le réfute.”

Friedrich Nietzsche, L’Antéchrist

“In spring of youth it was my lot
To haunt of the wide world a spot
The which I could not love the less-
So lovely was the loneliness
Of a wild lake, with black rock bound,
And the tall pines that towered around.

But when the Night had thrown her pall
Upon that spot, as upon all,
And the mystic wind went by
Murmuring in melody-
Then-ah then I would awake
To the terror of the lone lake.

Yet that terror was not fright,
But a tremulous delight-
A feeling not the jewelled mine
Could teach or bribe me to define-
Nor Love-although the Love were thine.

Death was in that poisonous wave,
And in its gulf a fitting grave
For him who thence could solace bring
To his lone imagining-
Whose solitary soul could make
An Eden of that dim lake.”

Edgar Allan Poe, “The Lake”

Le dos dans tous ses états…

Posted in iconographe on 13 mai 2009 by laviedesbetes

Mise au point :

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Mise aux pointes :

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Chroniques du cirque (LXXII)

Posted in chroniques on 10 mai 2009 by laviedesbetes

L’exposition W. Blake au Petit Palais permet d’entrevoir la puissance du poète anglais qui propose une œuvre totale où l’on ne sait vraiment ce qu’il faut admirer le plus : l’écriture sublime et aérienne, les gravures à l’étrangeté inavouable ou encore cette calligraphie unissant, comme dans les anciens manuscrits, les images au texte. Pas une seconde d’ennui, pas une planche de trop dans ce panorama très complet qui m’a permis de découvrir le parcours de ce marginal, mystique au pays de la révolution industrielle, humaniste au cœur de la barbarie des temps modernes, apôtre des sens et chercheur d’âmes dans une société où la religion prolonge dans l’au delà les commandements de la morale publique.

De lui je ne connaissais que les Chants de l’Innocence et Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, ignorant presque tout de l’homme et de l’œuvre, notamment ses talents d’illustrateur ou d’inventeur de procédés de gravure, ses prophéties – empreinte de l’illuminisme de Swedenborg – qui l’ont conduit, logiquement pourrait-on dire, à inventer sa propre mythologie (Urizen, l’archiprêtre). Rarement personnage fut plus obstiné dans son entreprise alors que rien autour ne semblait lui prédire le moindre succès : survivant grâce à de rares et loyaux mécènes il lui fallut attendre la fin de sa vie pour être enfin adulé, et encore par un petit groupe d’artistes passionnés de Renaissance et dénommé « The Ancients »… Sujet, dès son jeune âge, à des visions dont il avouait tirer une large part de son inspiration, Blake fut traité de fou par de nombreux contemporains (Wordsworth par exemple) le cédant tout autant à l’ironie qu’à la fascination sincère.
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Ce qui demeure pour moi le propre du poète anglais, c’est son ambition de réconciliation. Ainsi, en pur romantique, prône-t-il l’incarnation comme seule doctrine de Salut, le monde physique n’existant que par la force d’un souffle divin. La matière et l’Esprit ne s’opposent pas, ils sont consubstantiels ! D’une certaine façon, le principe de finitude n’a aucun sens pour lui, l’humanité n’atteignant sa propre fin qu’à l’unisson de l’univers. Ainsi :

“Mock on, mock on, Voltaire, Rousseau:
Mock on, mock on: ‘tis all in vain!
You throw the sand against the wind,
And the wind blows it back again.

And every sand becomes a Gem,
Reflected in the beam divine;
Blown back they blind the mocking Eye,
But still in Israel’s paths they shine.

The Atoms of Democritus
And the Newton’s Particles of Light
Are sands upon the Red Sea shore,
Where Israel’s tents do shine so bright.”

Dans le regard du poète, l’histoire de l’Humanité n’est jamais qu’une allégorie de l’Esprit et l’Univers entier le révélateur d’une puissance pour laquelle nous n’avons qu’un seul nom. A travers Dieu, l’Homme n’en appellerait-il pas, plutôt qu’à un créateur ou à un père, au principe ultime de ce qui Est, pour nous et sans nous, ce flux incessant de formes, cette répétition du même à l’infini ?

L’exposition permet également, au travers de quelques lectures fort intéressantes, de découvrir l’œuvre écrite. Des jeunes gens parcourent BLAKE34 - Dante's Divine Comedy - The Whirlwind of Lovers (The Circle of the Lustful)les allées, proposant aux visiteurs de leur lire, mezzo voce, qui un poème, qui un extrait en prose. A intervalles réguliers, certains d’entre eux se mettent à déclamer en public, parfois en duo, mêlant la traduction à la version originale. Comme tous les véritables génies, Blake vécut seul et incompris. Epiant les visiteurs autour de moi, je notais à quel point certaines de ses œuvres continuait de dessiner sur leur visage une sorte de refus buté.

Le vers à moitié vain (XCIII)

Posted in bouteille à l'encre on 9 mai 2009 by laviedesbetes

Sonneurs,

Hérauts de l’analyse, ouvrez leurs portes closes :
Des peuples assouvis vous conteront les choses,
Vous parleront d’ennui et de lâches souffrances,
Faisant tapisserie à leur indifférence.

Ils vous diront la joie de ces soirées de fête
A l’écran de télé. Vous prêterez l’oreille
A d’infimes soupçons, à de braves sornettes
Qui font trembler l’ami et gâchent son sommeil.

Le monde ne serait-il pas ce lieu commun
Dans lequel le bonheur est au bout d’une main
Tendue ou d’un poing serré ? La mesquinerie,
La bassesse ne font que pauvres jongleries…

Prétend-on que leurs mots distillent un venin
Et que chiens ont la rage ? Idole au panthéon
Fournira sa pitance à l’innocent ovin
Qu’on élève, qu’on abat, sans distinction.

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Sabbat profane

La vipère alerte et sa mâchoire d’ivoire
Enveniment l’écho d’une nuit de poison :
La souris est amère et le sang de ses griffes !
Myriades de vers peuplent les souterrains,
Qu’interminablement la parousie du bougre !

Les catacombes nues, crevasses assassines,
Peuplées des cliquetis de côtes vertébrales,
Engendrent l’appétit des flottes d’humérus.
Un lombric se languit, lui qui pressent le pire :
La danse des humeurs qui chavire les corps !

L’immondice bondit d’un melon à la bombe
Que brandit un bouffon aux passes ironiques.
Morpions salopards dégueulant à l’envie
Les compliments glaireux en recourbant l’échine :
Leur bave coagule un rire polisson !

Un soufflement d’aorte allonge la souffrance
Du promeneur qu’aigrit la jambe cyanure.
Une chauve-souris et tête ses blessures !
Entrevision cornue de la momie de terre
Aux restes purulents s’offrant aux anonymes.

Cadavres assoupis qui ronflez bruyamment,
Vos propos de jachère ont de fibres serments,
Obsédant la limace et glissant sous mon crâne.
La mort est la prison des moignons nostalgiques
Qui répètent sans fin le pathos du cobaye.

Je suinte à votre cri et murmure à vos plaies.
Agonie du désert qui gît dans ma mémoire,
Creusant la fondrière aux gouffres anodins.
Un Exterminateur a pourléché mes joues :
Sa langue agglutinait les souvenirs défunts !

L’Affreux a fait de moi son moindre somnambule
Emmailloté d’un linge après l’incontinence.
Je quitte la méduse et complimente l’hydre,
Rejoins le blanc linceul empli de vers luisants,
Témoins discrets d’une illusion… décomposée !

(à l’époque j’écoutais – trop peut-être ? – Thiéfaine et Higelin…)