La contine des cantines (LXI)

J’assisterai à ma fin, sans contredit. Et moi, qui m’assistera ?

Les religions sont la martingale dont se dotent les Hommes pour conjurer leur peur viscérale de la nuit noire. La formule subtile du pari résume bien tout l’avantage qu’il y a à croire contre toutes les évidences, mais elle indique aussi qu’il y a finalement moins de calcul que d’instinct dans la démarche du croyant.

L’Homme n’est jamais qu’une sorte d’assemblage dont on ignore encore les fins qu’il sert. A bien connaître les parties, le savant n’en ignore pas moins le tout.

Si ma vie n’était qu’un seul jour, il me faudrait l’espérance pour penser à demain.

L’amour : la patrie d’un cœur appelé à l’exil par l’impitoyable tribunal de la force des choses et des circonstances.

On reconnaît la qualité d’une cause à celle de ses serviteurs.

Se méfier des façades, car ce sont elles qui se délabrent le moins vite.

Ne jamais perdre de vue que la religion est ce véhicule dont le moteur se nomme la foi.

L’Homme qui a faim de toutes choses n’en voit jamais la fin.

La trinité n’est peut-être qu’une présentation imparfaitement maîtrisée du processus dialectique ?

Le concept, un bruit qui vient de l’intérieur.

Se pourrait-il que l’esprit, son chaos d’émotions, d’idées et de souvenirs confus, soient le pendant exact du corps dont la splendide mécanique illustrerait, quand elle fonctionne, le principe achevé de l’ordre ?

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