Acrostiche (X)

Questionnements de l’âme

Un beau matin, la nuit
Idem invitent l’Homme,
Sitôt mangée la pomme,
Un pépin pour l’ennui,
Invite sa raison,
Sa force de calcul,
Javelot sans recul
Entre joie et prison.

Où naissent les grands océans ?
Une vie a-t-elle cours après ?
Vie particule ou bien gisant
Aussi roide qu’amer, ce rets
Inouï de la mort sans fin ?
Se peut-il qu’ailleurs, aux confins,
J’aille en la compagnie des âmes
Envolées, épandues ? Grand dam !

Qu’advient-il des soleils, ces mers de flammes
Urbanisant la voûte d’oriflammes,
Empanachant nos vies, incendiaires
Pendus au néant du cosmos, en l’air ?
Une fois, se peut-il, revivre ici,
Ici revivre encore en la peau neuve,
Satin d’enfance à l’eau de ce lent fleuve
Jalonnant des rivages sans souci ?

Enhardir son esprit, tel est le vœu de l’Homme,
Endosser un habit d’arpenteur majordome,
Saltimbanque du verbe ainsi que du concept,
Polissant d’un dieu la statue, fartant préceptes…
Enluminer le monde est le souhait de l’âme,
Résolue à braver du Tout mortel le brame,
En lui contant que Ciel est la pierre impavide
Ricochant comme rire à la face du Vide.

5 réponses vers “Acrostiche (X)”

  1. ” Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses.”
    Rainer Maria RILKE

  2. A la beauté de Rilke je ne puis qu’acquiescer… :)

  3. je me suis laissée bercer par les mots, et en ai oublié les questions….

  4. “Se peut-il qu’ailleurs, aux confins,
    J’irai en compagnie des âmes
    Envolées, épandues ? Grand dam !”…histoire de pinailler, pour l’oreille (mais la mienne aime les vieilles tournures) j’eusse écrit “Se peut-il qu’ailleurs, aux confins, j’aille en compagnie des âmes envolées, épandues?” Des âmes épandues, l’image me plait. Pour continuer dans les citations, je parlerai de Barjavel auquel un curé avait dit qu’il ne fallait pas chercher. De réponses. Ni même se poser de questions. Mais René brûlait, de savoir. Ou au moins chercher.

    “Le Tout tourbillonnant immobile en voyage depuis où jusqu’à quand.Toi zéro. Toi, tes coliques, ton envie de sexe et de légion d’honneur, ton petit ventre à soupe, tes seins d’amour, tes moustaches, ta robe de soie, ta fameuse cervelle, ta belle jambe, toi zéro.
    Tu as repris ta place dans le vent et la marée. Mais inquiet. Brûlant le sable, dure la chaise. A quoi bon ces durillons aux fesses, ces mains calleuses, cette fumée par les oreilles? A quoi bon cette bataille? Naître, vivre, mourir? Vivre? Vivre? Pourquoi? Pourquoi?

    Ce n’est pas toi qui répondra, ni moi non plus. Mais, sans espoir de réponse, si tu ne cries pas la question, alors tu n’es qu’un os…”

    Je ne suis pas un os. Je hurle la question à me péter les cordes. Il n’y a toujours pas de réponse, mais déjà j’ai mangé {dieu} et l’ai recraché. Ce n’est pas la réponse.

    Pardon pour m’être étalée ainsi chez toi. Bonne journée.

  5. Merci à toi. Il y a en effet une faute de temps que je reprends incontinent ! Pour le reste, sache que tu es la bienvenue… étalée ou épandue !

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