Archive pour septembre, 2009

Changeons la carmagnole…

Posted in videodrome on 30 septembre 2009 by laviedesbetes

faced with shame,
I accept a will that that’s long departed
phased with games,
I resent a world I once regarded
but now it seems the changes must be made…

celebrate! terrify me
don’t mystify your love

celebrate! terrify me
don’t mystify your love

laced with shame,
I reject a thrill that’s so misguided
faith in flames,
I’m exempt to blame that’s so demanded

but now it seems that changes have been made…..

celebrate! terrify me
don’t mystify your love

celebrate! terrify me
don’t mystify your love

a simple lie brings you down, in an ordinary way
a simple lie brings you down, in an ordinary way
a simple lie….

Le travail c’est la santé, etc.

Posted in Non classé on 29 septembre 2009 by laviedesbetes

Au dîner, moi : “elle n’est pas trop petite votre cour de récréation au collège ?”
Paul : “non, non, on arrive tous à y tenir, t’inquiète.”
Moi, imitant les gens coincés dans le métro : “je ne suis pas inquiet !”
Paul : “mais bon, on n’y fait pas grand chose de toute façon.”
Moi : “ah bon ? Vous ne jouez pas au foot ?”
Paul : “si, si des fois…”
Moi : “alors quoi ?”
Paul : “ben on attend la récré toute la journée et finalement c’est pas terrible…”
Moi : ???
Paul : “… mais c’est quand même mieux que de travailler !”
Moi : !!!

towards the within

Posted in iconographe on 28 septembre 2009 by laviedesbetes

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Chroniques du cirque (LXXVIII)

Posted in chroniques on 26 septembre 2009 by laviedesbetes

A quelques encablures de la maison, le Bizz’Art où le comité des fêtes avait donné rendez-vous aux membres de notre promotion. Une année après nos dernières agapes, il faut avouer que la plupart d’entre nous étaient inquiets de se retrouver en tout petit nombre : une grosse vingtaine avait fait le déplacement, certains arrivant tout essoufflés, à peine sorti du travail. Ainsi, la longue tablée du premier étage s’est lentement remplie des retardataires, tandis que les premiers convives avaient déjà fui vers la piste de danse. Dans l’ensemble, j’ai retrouvé mes collègues dans de bien meilleures dispositions qu’en septembre dernier où, parmi ceux qui venaient de prendre leur nouveau poste, la déception était grande. Nous avons pris la mesure de nos équipes ainsi que celle de nos patrons et, dans l’ensemble, chacune de nos organisations, de la plus tentaculaire à la plus confidentielle, a réussi l’assimilation de ces particules étrangères que nous formions à notre nomination. La preuve en est qu’aucun d’entre nous n’a parlé de départ vers d’autres cieux ou bien de retour au bercail, ni d’aucune autre sorte d’échappatoire. Le plus cocasse reste qu’aujourd’hui certains entretiennent d’étroits liens professionnels avec leur ancienne administration où opère justement, celui ou celle qui auparavant oeuvrait dans le service qu’ils viennent d’intégrer. Un échange standard n’eut pas mieux fonctionné ! Il n’était guère facile de converser dans le brouhaha du restaurant, entre les cris et la musique, mais j’ai réussi à capter quelques bribes de conversation où j’apprenais outre les nominations récentes de tel ou tel haut-fonctionnaire de notre connaissance, que d’importante réformes statutaires étaient en cours.

Le Bizz’Art accueille, le long du canal Saint-Martin, tous les amateurs de soul et de funk music que compte la capitale. Très tôt dans la soirée, la petite scène se remplit de musiciens qui délivrent, sur un fond rythmique tonitruant, d’excellentes adaptations des grands classiques du genre : Four Tops, Ike & Tina Turner, Earth Wind & Fire, Prince et, bien évidemment, l’incontournable Bambi de Neverland, Michael Jackson. Bien sûr, comme il est de rigueur en de tels parages, la promiscuité et l’alcool règnent en maître, reléguant les arts de la table au rang de simple accessoire de la fête. Le principe de l’afterwork, qui aujourd’hui fait florès, draine dans la salle un public de trentenaires dont la plupart n’ont pas grand chose à voir avec le monde de la nuit et moins encore avec la culture afro-américaine. Il est assez drôle de voir danser tous ces petits blancs, beaux, jeunes et bien dotés, en pleine possession d’eux-mêmes et qui découvrent à quel point cette musique d’avant leur naissance peut être sensuelle autant qu’hypnotique ainsi qu’en témoignent les déhanchements de Laurie Jam, la belle chanteuse métisse de la soirée.

Parmi tous ces fêtards bien mis, un jeune homme passablement éméché dont l’allure n’était pas sans rappeler celle du jeune Angus Young : veste cintrée sur une cravate à moitié dénouée, un petit sac passé en bandoulière, il tentait de lier connaissance avec la belle Marie d’au moins quinze ans son aînée. Tandis que certains de ses amis tentaient de l’éloigner de notre table, non sans quelque difficulté, je fus frappé par sa ressemblance avec le mythique guitariste d’AC/DC : même chevelure bouclée, même visage de mauvais garçon où ressortait cette bouche outrageante à la moue dédaigneuse et aux lèvres épaisses. Le pire est que notre amie, d’ordinaire si urbaine et avenante, n’avait même pas levé les yeux sur cet étrange et bien peu pubère prétendant !

Les souvenirs d’Ulad (XVIII)

Posted in Eire on 20 septembre 2009 by laviedesbetes

Fergus Mac Roeg

Je suis de ces bannis qu’occire on ne pourrait
Qu’en usant de la ruse ou de quelque traîtrise,
Car puissant je demeure au grand dam, à ma guise,
De tous ces ennemis qu’au combat je ploierai.

Le roi roublard m’a eu : pour un an ma couronne
A son front fut échue par amour d’une femme,
Conchobar m’a déchu comme on chasse matrone
Infidèle et souillon. Qui spolie ou diffame

Enchaînera les fous, les couards et tous ceux
Que l’appétit emporte à la table félonne.
Par la force, oui j’irai ! cueillir ces paresseux,
Reconquérir mon trône et venger ma personne.

Du Connacht les guerriers je mène à la victoire
Ou bien aux grands charniers qui serviront la gloire
D’un seul être invincible. Oui ! d’un chien je ferai
La pitance et la joie. Impuissant je serai

A détourner de lui ces héros de ripaille
Et maints autres vantards grisés à l’hydromel.
De l’enfant de ma race aux dons sempiternels
Je ne puis souhaiter qu’une vaine racaille

Achève la légende ! Il me faut double jeu
Embrasser la pratique et protéger l’Ulad
Alors que haine est longue, étrange estafilade
Au front de mon honneur pour l’amour d’un morveux !

D’ici je l’aperçois jouant avec sa lance
Comme on fait d’un hochet, aussi joyeux et vif
Que moineaux envolés, fier et droit comme l’if,
Ne voyant point malice, incapable d’offense.

Comploter je devrai, mélanger les couverts,
Dispersant mon parti et lutiner la reine,
Excitant jalousie du roi, aussi sa peine :
Je serai ce soldat à l’épée de bois vert !

La contine des cantines (LXVI)

Posted in contines on 19 septembre 2009 by laviedesbetes

A la connaissance du monde a succédé celle des phénomènes ; à la science des éléments et des rouages a succédé celle des composants et de leurs connexions. La recherche des causes premières a périclité à mesure que s’est approfondi l’océan des complexes.

Il y a fort à parier qu’à force de taquiner le code génétique, on tâtera bientôt du code pénal.

Le serment d’Hypocrate n’exorcise que les métastases.

Nous buvons l’eau bénite à sa source, mais chaque gorgée tarit pour nous les origines.

Un ordre immanent ne saurait produire que délabrement et stérilité. La puissance n’imprime jamais que les couches superficielles de l’Univers.

Des derviches tourneurs voudraient nous inoculer leur venin de synthèse. Pourtant, leur danse trahit ces mouvements de lapin mécanique dont nous devrions, absolument, nous défier.

Se confronter à l’inexplicable : autant dire toucher le fond !

L’Homme libre n’est rien d’autre qu’un pur modèle théorique. Encore faudrait-il que ce modèle servît de temps à autre…

Le vers à moitié vain (CIV)

Posted in bouteille à l'encre on 12 septembre 2009 by laviedesbetes

Fardés de noir,
       Tes grands yeux bleus,
Ta silhouette
       Aux pâles peaux,
Font s’émouvoir
       Le prince las
Du nulle part
       De son royaume.
Des vies sans baume
       Au front d’escarre,
Des nuits crachats
       Au puits mouroir,
Peuplent, farauds,
       Cette cachette
Aux longs épieux
      Où il fait noir.

Il est grand temps
      D’échoir au Prince
Une mie belle,
      Place au soleil
Où s’épandront
      La joie de vivre
Et l’embonpoint
      De sa compagne.
Quittant l’Espagne,
      Moellons disjoints
Du château ivre
      Au froid donjon,
C’est sans sommeil
      Qu’il s’en vient tel
Crabe sans pinces,
      T’aimer longtemps.

Fight Club

Posted in videodrome on 10 septembre 2009 by laviedesbetes

Spéciale dédicace : Juliette.

Spéciale dédicace : tous les amateurs de danse de salon.

Les vestiges du soir (le 16 août 1992)

Posted in archéologie on 9 septembre 2009 by laviedesbetes

J’ai relu des notes datant d’il y a un an, de l’époque de la Sorbonne. Je passais alors, à l’issue des heures de cours, de longs moments dans une mansarde située dans les combles de la vénérable institution et convertie en centre de documentation. Nous étions toujours une bonne dizaine d’étudiants attablés devant de gros volumes ou bien farfouillant dans les quelque rayonnage à la recherche du livre qui nous éviterait le calvaire d’une recherche en bibliothèque. Pour la plupart, nous accomplissions là un petit rituel destiné à nous donner bonne conscience ! Au bout d’une demi-heure de lecture laborieuse, si une connaissance ne venait pas m’entretenir de quelque question de la plus haute importance, mon esprit se mettait inviablement, sans que je l’eusse commandé, à vaquer entre deux eaux, furetant entre deux tentations : celle de pousser plus loin encore le regard depuis la baie vitrée vers l’intérieur des appartements de la rue Cujas et celle, non moins excitante, de plonger au plus profond moi-même, là où mes désirs s’imposent sans contredit et foisonnent comme les fruits d’un éden. Souvent, lorsque je m’accordais de courtes pauses, ce n’était point pour relâcher la pression ou trouver le repos, mais pour écrire de petits contes érotiques dans lesquels je mettais en scène, dans des situations particulièrement scabreuses, les êtres que je méprisais le plus et qui offraient à mes sens (simple corrélation ou relation de causalité ?) des instants passagers de dérèglement intime. Ainsi, les pires garces, les infâmes maquereaux, celles et ceux qui m’avaient ignoré ou humilié – j’avais alors une conception assez arrêtée du genre humain – se voyaient ravalés au rang d’instruments de ma concupiscence. Des filles que je désirais, que peut-être j’aurais pu aimer, se donnaient maintenant à moi comme des chiennes en chaleur dans un déploiement de moyens qui faisaient d’elles de somptueuses courtisanes en même temps que de vulgaires catins que je bousculais à coups de pieds. J’écrivais une ou deux pages à toute vitesse avant de m’arrêter, pantelant, sous le coup d’une excitation extrême, médusé par la honte, captivé par l’effet que produisait sur moi la lecture à mi-voix de ces phrases courtes et nauséeuses. Il m’arrivait ainsi de quitter ma place en proie à des étourdissements qui ne devaient rien au surcroît de travail ou à l’hypoglycémie.

Guettant ces échappées, j’occupais mon temps à lire, à annoter des dizaines de photocopies, laissant dans les ouvrages de longs signets découpés à la hâte. J’effectuais en silence et sans lever le nez les premiers repérages, les travaux préparatoires d’une réflexion dont j’ignorais encore la teneur exacte. J’entassais des références glanées dans ces grandes bibliothèques universitaires où il faut patienter une éternité avant de voir apparaître l’in-folio ou l’in-octavo tant convoité et dont on ne connaît guère plus que la côte et le titre pris à la va-vite sur de petites fiches manipulées avec l’application du banquier qui vérifie ses liasses épaisses. Je compilais ces données afin d’en extraire un jus dont j’espérais nourrir ma propre pensée. Patiemment, je posais les jalons du travail futur, rêvant d’hypothèses originales, montant l’échafaudage d’une grille de lecture à laquelle je prétendais soumettre des oeuvres monumentales dont je voulais m’approprier le sens nouveau, par mes soins exhumé… Vanité ! Vanité !

Le livre des lectures (XXXI)

Posted in citations on 5 septembre 2009 by laviedesbetes

“Cette même “soif de concret” qui n’a cessé de repousser au second plan les divinités célestes – éloignées, impassibles, indifférentes au drame quotidien – se manifeste dans l’importance accordée au “fils du dieu céleste” (Dionysos, Osiris, Alein, etc.). Le “Fils” se réclame souvent de son Père céleste ; ce n’est pas cependant cette descendance qui justifie le rôle capital qu’il joue dans l’histoire des religions, mais son “humanité”, le fait qu’il s’est intégré définitivement à la condition humaine, quoiqu’il réussit à la dépasser par sa résurrection périodique.”

Mircea ELIADE, Traité d’Histoire des Religions

A propos des génies dans la société bourgeoise : “La sensation la plus forte pour ces hommes affamés de vécu était l’expérience du destin lui-même, et le type humain le plus élevé était par conséquent l’homme qui avait un destin, une mission, une vocation dont il était le serviteur. La grandeur ne concernait dès lors plus particulièrement une oeuvre ou un travail : c’est l’homme lui-même qui était grand en tant qu’il incarnait quelque chose de surhumain.”

Hannah ARENDT, “Franz Kafka” in La Tradition cachée

“Emancipation n. : changement de tutelle de la tyrannie d’autrui au despotisme de soi-même.”

“Ecouter aux portes v. : accéder secrètement au catalogue des vices et des crimes d’un autre que vous-même.”

“Mode n. : despote dont les impérieuses lubies mènent au ridicule.”

“Conversation n. : foire où chacun propose ses petits articles mentaux, chaque exposant étant trop préoccupé par l’arrangement de ses propres marchandises pour s’intéresser à celles de ses voisins.”

Ambrose BIERCE, Le Dictionnaire du Diable

“Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brulante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.
(…)
Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.”

Alfred de VIGNY, “la Mort du Loup”