Le dilettantisme est la maladie de notre temps. En effet, pourquoi défendre des idées ou combattre pour une cause, comment s’investir dans un quelconque projet quand on sait, hic et nunc, que nous travaillons à fonds perdus ? De surcroît, la notion de sacrifice ne nous est plus d’un grand secours et il faut bien nous résoudre à vivre sous le sceau de l’inutile.
En moi, c’est un monde qui reflue, emportant les visages et les mots de ceux que j’ai aimé, en compagnie desquels j’ai veillé maintes fois. La vague qui s’avance, celle qui, à son tour, fera crisser le sable du temps et frissonner mon échine, m’apportera d’autres visages et d’autres mots qui diront qu’en moi aussi la jeunesse recule.
Quand j’aurai trop vécu, peut-être partirai-je d’un grand éclat de rire, heureux, enfin, de n’avoir plus à décompter les minutes qui passent ?
Les seules vacances, c’est quand les autres triment.
Quand on dit de certains hommes qu’ils ont reçu un cœur dur en héritage, c’est peut-être pour dire que les temps, eux, ne le sont plus assez…
Le tort de certains êtres est d’abaisser le sentiment de fierté au niveau de l’étroitesse d’esprit. La plupart de ces êtres confondent aussi le mérite personnel et les rentes de situation.
Les mots, peut-être, ne disent rien de vrai.
L’homme aspire au Saint Graal de l’amour, mais plus que tout, il aimerait boire plusieurs fois à sa coupe !
Le bleu du ciel serait une illusion, un composé plutôt qu’une essence. Ainsi, en va-t-il du bonheur que nous voudrions un et indivisible et qui se présente à nous par touches de couleurs et notes cristallines.
L’Homme est à ses principes ce que la décimale est à l’unité, une simple approximation.


