Archive pour novembre, 2009

Catwoman et la louve

Posted in pictogrammes on 29 novembre 2009 by laviedesbetes

Photo : Wanda Wulz

Moustaches effilées
Pointant sur des babines
Aux incarnats de chair,
Son regard demi-lune
Et des pattes acérées
Me disent que souris
Je suis et je serai…

Son amie lycanthrope
Hurle à la nuit venue
Un appétit brutal,
Une chair métamorphe,
Et le cri fait écho
Au silence vainqueur
De la chatte à neuf queues.

 

 

 

 

 

 

 Photo : frantisek drtikol

Le vers à moitié vain (CVI)

Posted in bouteille à l'encre on 28 novembre 2009 by laviedesbetes

Ta peau…

Ta peau, aux veines délicates
D’un marbre de Carrare, exhale
Un doux parfum de fleur et d’animal
Que j’hume, inhalant l’aromate
De tes épaules nues, rondeurs
Où va ma bouche, où sont mes doigts.
Ta peau, parchemin des rougeurs
Que tu offres à mon coeur, ce roi
Pêcheur de nacre, orpailleur nu
Et fou d’une seule caresse :
Ta peau, contre la mienne presse,
M’épousant tel un gant charnu.

La Loco : plein de petits tours et puis s’en va…

Posted in Non classé on 27 novembre 2009 by laviedesbetes

http://www.obskure.com/fr/edito.php

Que de très bons souvenirs dans cette salle que j’ai fréquentée durant presque quinze ans et où j’ai vu sur scène, entre autres perles, Laibach, Cannibal Corpse, Impaled Nazarene, Bolt Thrower, Marduk, Immortal, Justin Sullivan, Cranes, The Chameleons, Immolation, Dying Fetus, Napalm Death, Dillinger Escape Plan, Terror, Behemoth, Hate Eternal, Lycosia ou encore Punish Yourself…

La contine des cantines (LXIX)

Posted in contines on 24 novembre 2009 by laviedesbetes

C’est dans la prière que s’exprime le mieux le génie d’une religion. En elle, le même message que modulent à l’infini les chants et les hymnes, les poèmes et les louanges, adressé au Tout-puissant par l’humble créature… Quand elle tombe dans l’oubli de la routine, la foi elle-même s’expose à n’être plus qu’infâme tricherie que les plus experts travestiront en liturgie ou bien en tradition.

En pensée, l’homme est invariablement pêcheur, tandis qu’en actes, il doit ses faibles chances de Rédemption autant à son caractère qu’à son imagination… La Bête sourd en lui et parfois réussit-il à la faire taire.

Notre existence possède un moteur redoutablement efficace, à l’origine de nos réussites et de nos maux : la frustration. Celle-ci, plus que la volonté de puissance, explique les sociétés réelles et les utopies qui les minent.

Chez l’être humain, des principes opposés se voient contraints à une promiscuité malsaine : nous figurons une bien étrange échelle des valeurs sur laquelle tous les paliers se toucheraient !

Raconter des histoires est l’autre façon de dire que le monde n’a pas de fin.

Ceux qui rendent visible à l’Homme sa prison n’ont généralement qu’une idée : l’aider, par tous les moyens, à s’en évader. Peu d’entre eux, pourtant, explorent les voies intérieures… L’abandon, le plus efficace des perce-murailles.

Qu’elles soient claniques, ou bien fondées sur le contrat, les sociétés humaines répondent à un mot d’ordre simple : l’accomplissement, réel ou idéal, des êtres qui la composent. Ce mot d’ordre a subi, certes, nombre de réductions à travers les catégories du mythe, de la religion ou de l’idéologie qui ont conduit à la construction progressive du concept dominant de personne, concept qu’illustrent le héros, le saint ou encore le prolétaire. Il a également contraint les Hommes à des sacrifices collectifs importants (la relégation des femmes, l’esclavage, l’organisation en castes,…) en vue de préserver, hic et nunc, la simple possibilité d’une réalisation humaine totale. C’est moins l’instinct de pitié qu’un souci de perfectibilité accolé au rêve d’une apothéose qui, au cours de l’histoire humaine, a mis fin, si tant est qu’il ait existé, à l’état de nature primitif.

Dessine moi un lion (Juliette, please !)

Posted in iconographe on 13 novembre 2009 by laviedesbetes

1586

Photo : Nick Brandt

Massive Attack (Zénith, le 11 novembre 2009)

Posted in Le goût du bruit on 13 novembre 2009 by laviedesbetes

Je me souviens du temps où les membres de Massive Attack avaient choisi de changer de nom pour devenir « Massive ». Nous étions alors en pleine première guerre du Golfe et les Anglais souhaitaient alors éviter tout amalgame avec les opérations militaires en cours. Cette épithète, un rien pompeuse, me paraît cependant appropriée pour qualifier la prestation du groupe au Zénith : celui-ci avait en effet sorti les grands moyens pour marquer d’une pierre blanche son retour sur scène à quelques mois de la parution du tout nouvel album « Weather Underground ». Souvent critiqués pour leur absence de densité en concert, Robert Del Naja et Grant Marshall ont proposé un spectacle total dans lequel les mélopées planantes et chaudes du trip hop se mélangeaient avec un jeu d’éclairages bruts à base de lignes vertes, 4096902078_12025dcc85rouges et blanches qui striaient la scène d’étroits faisceaux ou composaient, en arrière-fond, des sortes de messages subliminaux condamnant les excès de la société de consommation. Les deux compères de Bristol ne sont certes pas de grands musiciens et leurs possibilités vocales demeurent bien limitées, mais leur talent réside ailleurs, dans cette capacité à combiner les styles (rock, soul, hip hop et jazz) pour fabriquer un son, le plus souvent saturé en basses, et inventer des lignes mélodiques sur lesquelles se greffent, depuis presque vingt ans, les voix parmi les plus belles de la musique pop.

Certes, Liz Fraser et Sinead O’Connor étaient absentes, mais Martina Topley-Bird qui a délivré, en compagnie d’un ninja sautillant, une première partie de grande classe, et le fidèle Horace Andy, ce monument de la musique jamaïcaine au vibrato étrange, ont à proprement parler assuré comme des bêtes, dopant considérablement les morceaux sur lesquels ils chantaient. J’ai découvert, pour la plupart, les titres de « Splitting the Atom », tout comme ceux du futur album, qui semblent tous s’inscrire dans l’orientation musicale prise par le groupe depuis le cultissime « Mezzanine », à savoir celle d’un rock électronique, planant et répétitif, une musique faite de progressions qui lentement se déploie pour envelopper l’auditeur d’un voile sonore aussi chaud que confortable. J’ai été agréablement surpris par le niveau de la musique, plutôt raisonnable dans une enceinte habituée aux avalanches de décibels ainsi qu’au massacre acoustique. Ainsi, n’ai-je ressenti aucune gêne particulière à l’issue du spectacle. Un excellent concert qui m’a permis de découvrir en live des morceaux que j’écoute depuis des lustres comme Teardrop, Safe from Harm, Angel, Kamarcoma, ou encore Unfinished Sympathy. Deux petits regrets seulement : l’absence dans la playlist des deux joyaux que sont Protection et Man Next Door.

Chroniques du cirque (LXXXI)

Posted in chroniques on 12 novembre 2009 by laviedesbetes

« Un symbole révèle toujours, quel qu’en soit le contexte, l’unité fondamentale de plusieurs zones du réel ». Dans son Traité d’Histoire des Religions, Mircea Eliade sonde, à partir des mythes originaires et les manifestations du sacré qu’ils organisent (les « hiérophanies »), l’âme de l’homme archaïque, ce quasi-frère dont nous portons tous, quand bien même nous refoulerions ce pesant héritage, une part de ce rêve profond et grave qui voudrait ordonner le chaos de la matière et conférer à la dimension historique de l’existence humaine une portée plus ample, cette vision capable de subsumer les catégories du devenir et de l’accident sous celle de l’éternité.

Beaucoup connaissent ses grands classiques que sont le Mythe de l’Eternel Retour ou encore Aspects du Mythes qui ont conféré au penseur roumain sa réputation de grand mythographe à l’instar d’un Roger Caillois ou d’un George Dumézil par exemple. La plupart ignore que Eliade fut aussi un romancier de talent, d’une sensibilité et d’une délicatesse peu communes. Ainsi, la Nuit Bengali reste pour moi un véritable chef d’œuvre qui transpose au cœur de l’empire des Indes le récit des amours contrariées, sinon impossibles, d’un Roméo européen et d’une Juliette indigène. Enfin, j’ai longuement rêvé à la lecture des récits de voyage : c’est avec une délectation certaine que je repense au défilé des Brahmanes et des différentes sectes indoues à Bénarès dont il a laissé un récit coloré et quelque peu exotique dans l’un des chapitres de son Inde, continent qu’il parcourut durant plusieurs années alors même qu’il n’avait pas vingt-cinq ans.

La thématique centrale de l’ouvrage de Mircea Eliade embrasse les fameuses « hiérophanies » dont il tente d’étudier les récurrences, les points communs à travers tout leur système de liaisons et de parentés qui fait appel, soit à partir des textes d’origine (Eliade lisait couramment, entre autres langues, le sanscrit), soit d’ouvrages scientifiques de la première moitié du vingtième siècle. Il mobilise ainsi un appareil impressionnant de références érudites qui peut rapidement laisser au lecteur non attentif une impression de dispersion ou d’émiettement. Cependant, l’organisation de l’ouvrage demeure assez simple : Eliade s’intéresse successivement à la matrice des grandes divinités, tout d’abord le cosmos ou règnent les dieux « ouraniens » dont les caractéristiques majeures sont l’éloignement ainsi qu’une indifférence au sort des créatures, puis les astres (Soleil et Lune) qui abritent les grandes divinités créatrices de l’humanité dont beaucoup renvoient à la figure fécondante du Taureau et à celle, complémentaire, de la grande Mère (« la spirale, par exemple, dont le symbolisme lunaire était déjà connu à l’époque glaciaire, se réfère aux phases de la lune, mais comprend également les prestiges érotiques dérivés de l’analogie vulve-coquillage ainsi que des prestiges aquatiques (lune = coquillage) et ceux de la fertilité (double volute, cornes, etc.) »). Ensuite, il s’attèle à l’étude des signes et des formes du sacré que ceux-ci ressortent ou bien à la nature (l’eau, les arbres, les pierres,…) ou bien à l’Homme et à son activité de « production » (trilogie terre, agriculture, fécondité par exemple). Enfin, Mircea Eliade revient, dans les derniers chapitres de son traité à son thème de prédilection, l’éternel retour qu’il définit comme suit : « (…) pour paradoxal que cela puisse paraître, ce que nous pourrions appeler l’« histoire » des sociétés primitives se réduit exclusivement aux événements mythiques qui ont eu lieu in illo tempore et qui n’ont cessé de se répéter depuis lors jusqu’à nos jours. Tout ce qui, aux yeux d’un moderne, est vraiment primitif comme dénué d’importance, parce que sans précédent mythico-historique ».

En définitive, ce livre permet d’appréhender la permanence des grands récits de la création du monde, de mesurer à quel point les mythes les plus archaïques continuent d’irriguer notre imaginaire, constituant, au cœur de nos pensées contemporaines, une forme de résurgence que, la plupart du temps, notre état conscient ignore. Parfois, le fil est beaucoup moins ténu qu’il n’y paraît et le renvoi plus explicite. Ainsi, Eliade rappelle-t-il que dans les grandes explorations, notamment celles de la renaissance, se retrouvait formulée en direction des terres inconnues, la quête du paradis perdu, celle du jardin d’Eden, pays mythique par excellence. Il nous enseigne aussi que ce qui est visé dans le mythe demeure rien moins que l’unité totale, la cohérence absolue du monde à laquelle répond notre désir d’unifier ou d’abolir la multiplicité. Ainsi, le personnage même du Christ pourrait n’exprimer, selon lui, qu’une seule pensée, profonde et récurrente, une de celles qui taraude l’humanité depuis les origines et que les Romantiques ont su exprimer de façon sublime, presque définitive : le miracle de l’incarnation de la divinité dans l’Homme.

Les vestiges du soir (11 novembre 2007)

Posted in archéologie on 11 novembre 2009 by laviedesbetes

Ils ne sont plus que deux, âgés de 110 ans, rescapés de l’enfer et survivants de trois siècles. L’un et l’autre refusent, par avance, l’honneur douteux d’une cérémonie nationale et d’une admission au Panthéon, aux côtés du soldat inconnu : les deux derniers poilus français ont déjà pris d’autres dispositions… Ils représentent, par une étrange pirouette de l’histoire, toute la complexité de la nation française, toute sa richesse, celle que le Barrès des Diverses Familles Spirituelles de la France décrivit avec tant de passion et de sensibilité. L’un, originaire d’un village du Massif Central, ancré dans son terroir, ancien sous-officier des troupes coloniales, l’autre immigré italien, engagé volontaire… à 17 ans. Le sol et le sang de la France tels que je les conçois n’ont rien à voir, ni à faire, avec de sottes considérations juridiques. La Terre et les morts, le sacrifice et la fraternité d’armes, en disent finalement plus long sur nos attaches que notre classe, notre couleur de peau, notre religion, notre sexe. Mais ces considérations, ces survivances, paraissent tellement surannées, hors de propos dans ce monde où la quête du bonheur sert à chacun de cache misère ! L’atrocité des guerres s’évalue autant au nombre de leurs morts qu’à l’ampleur des destructions morales qu’elles peuvent engendrer. Tout cela, bientôt, ne signifiera plus rien.

Tétrarques

Posted in pictogrammes on 9 novembre 2009 by laviedesbetes

Les Césars seraient-ils
Trois jeunes hommes affairés
Sur un sentier de boue,
Le chapeau de travers
Comme lauriers de feutre
Sur des crânes bouillants,
La canne en bois d’érable
Comme sceptre à la main
Et le visage glabre
De Consuls avant l’âge ?

august_sander1t

Photo : August Sander

Un effet boeuf… Fever Ray !

Posted in videodrome on 9 novembre 2009 by laviedesbetes

Des clips de toute beauté, un tantinet barrés, une musique lancinante aux voix tantôt voluptueuses, tantôt glaciales. Un style qui cultive le déséquilibre et la névrose, mais qui n’en délivre pas moins son pesant d’émotions douces. Un bon dosage de chant aux accents synthétiques et de machines-outils en quête d’humanité… Fever Ray, ce casse-tête chinois made in Sweden, est une belle découverte de la rentrée que je dois pourtant à site internet branché “bruits de fond”. Du méta-métal peut-être ???