Le vers à moitié vain (CXXXIX)

Déguisements

Ma tendre parisienne a parfois la manie,
De jouer, quand on sort, à la fée carabosse
Ou encor de mimer dans son voile Ophélie.
Jetant de-ci de-là son regard de friponne,

Aguicheuse, Emballant d’un clin d’œil la vendeuse
Affairée, annulant le soupçon des molosses,
Elle attrape en riant la tenue de faucheuse,
Ou la robe-linceul de la morte baronne…

Ma douce ensorceleuse esquisse sous la cape
Un rictus de sorcière, ou gît les bras ballant,
Comme un corps agoni, les lèvres entrouvertes.

Autour d’elle un frisson, bientôt la moue experte
Et son désir lové : femme la dévorant
Revit ses joies d’enfant, se déguiser de sapes !

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