La contine des cantines (XCIX)
La balourdise des hommes fait pendant à la susceptibilité des femmes.
Se peut-il que l’amour soit autre chose qu’un attrape-nigauds ? Se peut-il qu’il relie sans entraver notre bon sens ni enserrer notre instinct ?
S’approprier le temps, celui des souvenirs tout comme celui qui passe et nous conduit au terme de notre périple : une entreprise qui grandit l’Homme et le convie à accepter l’héritage de ses pères ainsi qu’à peupler la postérité de ses enfants et de ses créations.
Paradoxe suprême : la seule éternité possible s’appuie sur la mémoire des Hommes !
Si Dieu est perfection, il appartient bel et bien à ses créatures de rendre la Justice en son nom.
Si l’espace appartient à l’Ordre, le temps, lui, est dévolu au Chaos.
La croyance profonde d’un peuple en sa supériorité – morale, ethnique, civique, économique, intellectuelle,… – forme le ressort de son déploiement dans l’histoire. Grâce à elle, une culture accède au statut de civilisation et participe au continuum des empires. Sans elle, ceux-ci vacillent pour n’être plus, au terme de leur déclin, que des principautés où s’éteindront les lignées d’Hommes qui les auront portés.
La confrontation permet à l’Homme de surmonter ses peurs et d’accéder à ce qui est non pas donné mais acquis, la dignité.
Nous vivons bel et bien dans une société sécuritaire : ici, le citoyen aspire à n’être comptable de rien, à n’assumer aucunement les conséquence de ses actes, à se ranger derrière la figure tutélaire et protectrice d’une organisation qui mutualise les risques et les pertes, tandis que lui s’applique à privatiser les biens et les gains.